Analyses électorales

A Royan-ouest, l’armée mexicaine de la droite ?

Laurent Lambrot (PRG) et Michel Servit (UMP), le duel du second tour dans Royan-ouest ? (photo : DR)

Laurent Lambrot (PRG) et Michel Servit (UMP), le duel du second tour dans Royan-ouest ? (photo : DR)

La vie de la droite à Royan est décidément complexe. Comme Dominique Bussereau a mis tout le monde d’accord à l’est, tous les challengers non investi par leurs partis respectifs se retrouvent à l’ouest, contre Michel Servit, élu depuis 1992 et doyen d’âge du conseil général. Résultat : 8 candidats, le record départemental.

Canton de Royan-ouest : les données par LRpol.

Statut : canton à droite, non vulnérable.

Ordre de vulnérabilité : 11ème (sur 12 cantons à droite).

Depuis sa création, en 1973, le canton de Royan-ouest a toujours été à droite, toujours représenté au conseil général par un élu gaulliste. D’abord par Jean-Noël de Lipkowski, grand manitou de la droite royannaise, au moins jusqu’à la fin des années 1980. Après avoir perdu la mairie du chef-lieu en 1989 contre son ancien premier adjoint, Philippe Most, il ne se représente pas à la cantonale de 1992. Forcément, cette succession dans un canton imprenable pour la gauche a suscité des vocations. Sur les sept candidats, on en trouve trois de droite modéré. Le premier tour est indécis car Michel Servit, RPR, avec 20 %, ne devance que d’une cinquantaine de voix Henri Le Gueut, envoyé par Philippe Most, avec ses 19 %. En troisième position on trouve le troisième candidat de droite, l’UDF Henry Bugnet avec près de 16 %. Au second tour, c’est celui arrivé en tête au premier qui l’emporte largement, avec plus de 57 %. En 1998, la situation est un peu plus simple : le sortant, avec 32 %, est largement en tête même si on retrouve Henri Bugnet, sans investiture cette fois, à plus de 20 %, en troisième position.  Au second tour, pas de problème, Michel Servit obtient près de 60 % des suffrages contre le candidat Vert, soutenu par le PS. Enfin, en 2004, la division de la droite est telle au premier tout, avec deux divers-droite contre Michel Servit, que c’est Régine Joly, la socialiste, qui arrive en tête avec 29 %. Michel Servit, quoi que nettement affaibli, arrive en tête de la primaire avec 25 %, contre 17 % à Martial de Villelume et 11 % à Jean-Bernard Prudencio. Au second tour, le sortant est réélu avec un peu plus de 54 % des voix.

Les droites toujours devant.

Si elles sont toujours divisées, les droites sont toujours à un très haut niveau lors des élections cantonales. C’est la même chose lors de tous les autres scrutins. C’est bien simple, depuis 1978, jamais les droites n’ont perdu un scrutin ici. Le plus faible écart recensé entre droites et gauche est de 8,55 points, lors du premier tour de la législative de 1981. Même lors du premier tour de la régionale de 2010, il est un peu plus fort : 13,96 points. Cela dit, comme ailleurs, on trouve ces dernières années un affaissement des droites. Il est léger car il n’est « que » de 13-14 points, l’une des plus faible baisse dans le département. Les gauches ont progressé entre 1992 et 2004, avant de retomber vite très bas jusqu’en 2007 et enfin de rebondir, jusqu’en 2010. Ce qui fait, qu’au final, que la tendance sur 15 ans est légèrement bonne. Pas de quoi inquiéter les droites, et de loin.

La faute au voisin.

Mais à Royan, la situation à droite, depuis longtemps, est très complexe. On l’a encore vu en 2009 et 2010 avec la crise qui a mené à l’élection municipale anticipée de juin dernier. Didier Quentin l’a emporté au premier tour, mais il reste encore un peu moins de 50 % des électeurs qui ne se sont pas prononcés pour lui. Ces divisions sont une partie de l’explication de la présente de trois candidats divers-droite aux côtés de Michel Servit : Martial de Villelume, Gérard Potennec et Jean-Bernard Prudencio. Il y en a une autre : Dominique Bussereau. Lui est seul candidat de droite dans le canton alors qu’au moins deux autres s’étaient déclarés. Il aurait fait pression pour qu’ils aillent voir ailleurs. Pascal Riché, du CNIP, a jeté l’éponge, et Gérard Potennec, est parti à l’ouest. Dominique Bussereau, dans une interview que nous publierons prochainement, réfute très fermement ce dont on l’accuse. Bien difficile de savoir qui tirera son épingle du jeu, surtout qu’il ne faut pas oublier le candidat Front National, Philippe de Bretagne. Et la gauche ? Le rêve secret du PRG, dont le candidat est Laurent Lambrot, était de voir se dessiner une triangulaire avec deux candidats de droite au second tour. Hypothèse plausible, même si ce n’est pas l’assurance d’une victoire pour la gauche, en cas d’une seule candidature divers-droite catalysant l’opposition à Michel Servit. Mais l’opposition au sortant est tellement émiettée qu’on voit mal l’un d’entre eux pouvoir réunir les conditions nécessaires à la qualification au second tour. Deux autres candidats de gauche auront fort à faire sur cette terre de mission : René Renaudet, du Front de Gauche, et Jean-Claude Martin, d’Europe-Ecologie – Les Verts.

Alors, quel pronostic ? Laurent Lambrot en tête au premier tour comme Régine Joly en 2004 ? Pourquoi pas, mais avec un score plus faible, car la concurrence à gauche est plus forte, avec la présence verte. Mais à droite ? Un reflex légitimiste peut-il jouer chez les royannais. En 1997, lors de la législative, le sortant Jean-Noël de Lipkowski était parti sans l’investiture du RPR, accordée à Didier Quentin. Ce dernier était arrivé nettement en tête au premier tour, de Lipkowski ne pouvant se maintenir. Cela dit, Michel Servit, 77 ans, a le même âge que l’ancien député-maire de Royan, en 1997… On peut penser que les candidats UMP et PRG se retrouveront autour de 23-25 % au premier tour, c’est en tout cas notre pronostic. Et dans le duel au second tour, un score de Michel Servit inférieur à celui de 2004 serait extrêmement surprenant.

Pronostic LRpol : Victoire au second tour de Michel Servit (UMP).

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5 réponses à “A Royan-ouest, l’armée mexicaine de la droite ?”

  1. Dans 3 mars 2011 à 11:47 Jean-Pierre BONMORT répondu avec... #

    lire régine Joly et non Rémi

  2. Dans 3 mars 2011 à 11:58 Pierre Garrat répondu avec... #

    C’est corrigé !

  3. Dans 17 mars 2011 à 19:55 nitro répondu avec... #

    Un bobo de centre gauche ou un umpiste?

    Pronostique : Guiard PCF

    Le conseil national de la résistance se rappellera à votre bon souvenir!

  4. Dans 17 mars 2011 à 20:54 Pierre Garrat répondu avec... #

    Pourquoi pas…sauf que Jacques Guiard est candidat à l’est et non à l’ouest.

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  1. Un dernier tour d’horizon avant le second tour… | LRpol.fr - 26 mars 2011

    [...] Michel Servit (UMP, 23,43 %) et Laurent Lambrot (PRG-PS, 20,08 %), comme prévu. Le 2 mars dernier (A Royan-ouest, l’armée mexicaine de la droite ?), nous nous sommes néanmoins trompé sur l’ordre, nous voyions le candidat radical légèrement [...]

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