Analyses électorales

A Montendre, Lalande sur ses terres.

Bernard Lalande (PS) et Marie Gruel (Majorité dép.), les deux principaux candidats à Montendre. (photos : DR)

Bernard Lalande (PS) et Marie Gruel (Majorité dép.), les deux principaux candidats à Montendre. (photos : DR)

Il se dit dans un canton fragile mais on voit mal Bernard Lalande, le chef des socialistes au conseil général, perdre dans ce canton dont il est maire du chef-lieu, même si sa principale opposante UMP, Marie Gruel, a réussi à se faire élire au sein du conseil municipal de Montendre en 2008.

Canton de Montendre : les données par LRpol.

Statut : canton à gauche, non vulnérable.

Ordre de vulnérabilité : 11ème (sur 14 cantons à gauche).

Dans un sud de la Charente-Maritime à forte tradition radicale, Montendre n’a pendant longtemps pas fait exception. De la Libération à 1979, le canton ne connait que deux conseillers généraux, Maurice Sauvêtre et Fernand Basque, tous les deux radicaux, puis, pour le second, radical de gauche. A la fin des années 1970, dans le cadre de la grande offensive socialiste sur les bastions radicaux, c’est Paul Rousset qui prend le canton, pour un mandat. Un seul mandat car, en 1985, lors de la vague bleu qui emporte le conseil général, le canton passe à l’UDF, avec Claude Augier. Le canton se distingue alors légèrement de ses voisins : Saint-Genis-de-Saintonge et Montguyon, quoi que basculant peu à peu à droite, restent à des conseillers généraux proche des radicaux. Mirambeau connait une petite parenthèse vers la droite, entre 1982 et 1988. La parenthèse à Montendre va durer un peu plus longtemps, jusqu’en 1998. Après s’y être cassé les dents en 1992, alors que la gauche était majoritaire au premier tour, le socialiste Bernard Lalande fini par l’emporter en 1998, dès le premier tour, alors que Claude Augier ne se représentait pas. En 2004, il doit attendre le second tour pour se voir confirmer sa réélection. Car, c’est à noter, les gauches n’ont pas été devancées par les droite lors de premier tour d’élections cantonales depuis, au moins, 1967. Pourtant, on l’a dit, les droites ont réussi, par deux fois, à l’emporter au second tour.

Un canton rural, à gauche.

Il y a peu de cantons qui présentent le profil de Montendre en Charente-Maritime : un canton rural de gauche, où les droites dans leur bonne période n’ont jamais réellement réussi à prendre leur envol. Du coup, la chute est un peu moins forte qu’ailleurs (puisque le plus haut l’était donc moins !) mais est bien présente : environ 17 points de perdus en 8 ans contre une quinzaine de gagnés par les gauches. Sur les six derniers scrutins, ces dernières ont réussi à en gagner trois, ce qui n’était pas arrivé dans la mandature précédente. Donc, après avoir longtemps été dans une situation comparable à celle des cantons voisins, en tant que canton rural radical du sud, Montendre fait maintenant vraiment exception. Le canton n’a pas suivi la tendance droitière de Mirambeau, Montguyon ou Saint-Genis, c’est aujourd’hui le seul point d’appui des gauches dans le sud, tant on sait que la situation à Archiac et bancale. Le PS a quelques espoirs cette année à Montlieu-la-Garde, nous y reviendrons.

Malgré cette bonne tendance, Bernard Lalande, dans une interview qu’il nous a accordé et qui sera prochainement publiée, considère son canton comme vulnérable. Ce n’est pas notre avis. Nous le classons 11ème canton le plus vulnérable sur 14 cantons à gauche, classement enviable, surtout pour un canton du sud. Mais le chef des socialistes au conseil général a raison d’être méfiant car sa principale concurrente, celle avec le label « majorité départementale », Marie Gruel, a tout de même réussi, en 2008, à se faire élire au conseil municipal de Montendre, dont Bernard Lalande est le maire. Le problème, c’est qu’elle trouve sur sa route, non seulement un candidat du Front National, Patrick Debernard, mais aussi un divers droite. Il s’agit de Jean-Guy Thillet, le candidat officiel de l’UMP en 2004…qui avait dû alors se battre contre Philippe Gauvin, lui-même candidat officiel en 1998… Bernard Lalande, lui, ne retrouve sur sa gauche, comme en 2004, qu’une candidate communiste, Isabelle Maleplate. Pas de candidat écologiste : il faut dire que la zone est difficile pour eux, et puis certains pensent qu’il s’agit d’une fleur faite au chef des socialistes qui a fait pression pour qu’aucun candidat issu du PS ne se présente à Marans, contre le seul conseiller général écologiste sortant…

Combats des chefs.

La seule question est donc de savoir à quel tour sera reconduit le Bernard Lalande. Pas évident, car dans ce canton le PCF semble baisser moins vite s’ailleurs : il ne perd que moins d’un point entre 1998 et 2004. Notre pronostic donne un Bernard Lalande autour des 50 % au premier tour…mis de justesse en ballotage. Il devrait l’emporter largement au second tour face à Marie Gruel. Symboliquement, il sera important de regarder les résultats comparés des deux principaux concurrents à la présidence du conseil général… Rappelons que nous avons aujourd’hui mis à jour notre pronostic à Royan-est : nous ne donnons plus maintenant qu’une élection de Dominique Bussereau au second tour.

Pronostic LRpol : Victoire au second tour de Bernard Lalande (PS-PRG).

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