A Saint-Jean-d’Angély, le match retour de 2008.

Jean-Yves Martin (PRG) et Jacques Castagnet (Majorité departementale-UMP), les deux candidats qui devraient se retrouver au second tour de la cantonale dans le canton de Saint-Jean-d'Angély. (photos : DR)
Après l’euphorie du basculement à droite de Saint-Jean-d’Angély lors de la municipale de 2008, la majorité départementale semble plus que prudente avant la cantonale de mars. A tel point que, malgré sa division, la gauche, Jean-Yves Martin en tête, est bien partie pour l’emporter une quatrième fois de suite.
Canton de Saint-Jean-d’Angély : les données, par LRpol.
Statut : canton à gauche, plutôt non vulnérable.
Ordre de vulnérabilité : 6ème (sur 14 cantons à droite).
Tarin-de Limur, de Limur-Tarin, cela a longtemps été l’affiche des élections localement, aussi bien aux cantonales que lors des municipales dans le chef-lieu. Les deux ont été conseiller général de Saint-Jean-d’Angély en deux temps. D’abord Ivan de Limur, du RPR, de 1973 à 1979 et de 1985 à 1992. Claude Tarin, son adversaire socialiste, le bat en 1979 mais il ne se représente pas lors de la vague bleu de 1985. Il est de retour en 1989 pour battre Ivan de Limur à la municipale, et en 1992, pour reprendre le canton. Claude Tarin est réélu en 1998 et décide de passer la main en 2004.
Des divisions de la droite en 2004 à son union en 2008.
Le Parti Socialiste cède alors le canton à un candidat radical de gauche, Jean-Yves Martin, à l’époque adjoint au maire de Saint-Jean-d’Angély. Après un premier tour extrêmement favorable pour les gauches dans leur ensemble, et une majorité absolue frôlée par le candidat PRG-PS avec un peu plus de 47 % des voix, Jean-Yves Martin a été élu avec 65 % des suffrages au second tour face au candidat de l’UMP, Francis Forgeart-Grignon. Il avait alors été sans doute aidé par la profonde division de la droite au premier tour. En effet, outre le candidat du FN, trois candidats s’en réclamaient. A côté du candidat de l’UMP qui obtenait 17,7 %, on trouvait un divers-droite à 11,1 % et une UDF à 5,0 %. Dans ce même temps, les trois candidats de gauche obtenaient « seulement » 57 %. Les reports de voix de la droite au second tour se sont donc sans doute mal fait.
Mais les choses ont bien changé. A la veille de la municipale de 2008, la droite s’est réunie autour d’un nouveau venu, Paul-Henri Denieul. A la surprise générale, au moins des observateurs, il bat la liste de gauche menée par le socialiste Jean Combes, maire depuis 1995, à la suite de Claude Tarin élu en 1989. Sa victoire est très nette, avec plus de 58 % des voix. Le dimanche suivant, au second tour des cantonales, dans les cantons voisins de Saint-Savinien, Matha et Saint-Hilaire-de-Villefranche, la gauche est battue. Les observateurs lient souvent ces quatre défaites. Chance pour la gauche, le canton de Saint-Jean-d’Angély n’était pas renouvelable en 2008. Un sursis, pensait-on.
Pas « d’effet Denieul ».
Car depuis 2008, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le canton de Saint-Jean-d’Angély ne connait pas « d’effet Denieul ». Au contraire, la tendance politique est la même que dans le reste du département : à savoir une nette baisse des droites et des progrès des gauches, au pire une stagnation de celle-ci. De plus, ici, la courbe des résultats des gauches n’a jamais été aussi éloignée de celle des droites que dans d’autres cantons du département. Cette dernière, à son plus haut, ne s’est pas envolée. La chute depuis 2002 n’en est pas moins palpable : près de 21 points de perdus en 8 ans. Les gauches, qui avant leur très haut score de la régionale de 2010, végétaient entre 40 et 45 %, en profitent pour gagner des élections. Depuis 2004, elle a remporté trois des six rendez-vous électoraux. Dans le mandat cantonal précédent, de 1998 à 2004, les droites avaient gagné les quatre scrutins qui s’étaient déroulé. (Voir les graphiques sur la page des données du canton)
On comprend mieux la prudence de la droite. Une prudence qui confine à la démotivation avec la désignation comme candidat de la majorité départementale de Jacques Castagnet, adjoint auprès de Paul-Henri Denieul depuis 2008. Ce n’est en effet pas tout à fait un homme neuf : il était déjà candidat de la majorité en 1998, et candidat divers-droite en 2004. Notre pronostic est celui d’une victoire au second tour du sortant Jean-Yves Martin. Car avec à ses côté un candidat communiste (Gérard Adam) et un écologiste (Gabriel Delicourt), il ne peut espérer se passer d’une mise en ballotage. Une victoire sans doute moins nette que celle de 2004. Et c’est aussi pour cela que dans notre classement des cantons de gauche par ordre de vulnérabilité, celui-ci est 6ème sur 14, soit juste après le dernier canton cible de la droite. La présence d’un candidat du Front National (Jean-Michel Guilloteau) ne devrait avoir comme seul effet que de réduire un peu le score de Jacques Castagnet au premier tour.
Pronostic LRpol : Victoire au second tour de Jean-Yves Martin (PRG-PS).
