Analyses électorales

A Surgères, la gauche en appétit.

Marie-Pierre Brunet (PRG-PS) et Philippe Guilloteau (UMP), les deux principaux candidats dans le canton de Surgères. (photos : Armand Berthomé)

Marie-Pierre Brunet (PRG-PS) et Philippe Guilloteau (UMP), les deux principaux candidats dans le canton de Surgères. (photos : Armand Berthomé)

C’est ce canton qu’il manque à la gauche pour avoir dans son escarcelle la totalité des cantons aunisiens. Et ce canton est effectivement gagnable pour elle, même si celle-ci va se présenter divisée, avec au moins cinq candidats contre, pour l’instant, un seul à droite, le sortant et maire de Surgères, Philippe Guilloteau.

Canton de Surgères : les données, par LRpol.

Statut : canton à droitegagnable pour la gauche.

Ordre de vulnérabilité : 3ème (sur 12 cantons à droite).

Attention, fief en péril. Le canton de Surgères est l’ancienne terre d’élection de Jean-Guy Branger, légende de la droite maritime. C’est là que tout a commencé pour lui, en 1973. L’année avait pourtant mal commencée avec sa défaite lors de l’élection partielle visant à remplacer le radical Noël Gérard élu en…1949. C’est le socialiste Henri Giraudeau qui avait pris le meilleur. Mais pas pour longtemps. Le renouvellement général devait avoir lieu au mois septembre suivant. Le match retour a donné le résultat inverse, avec cette fois-ci, donc, la victoire de Jean-Guy Branger. Il conservera son siège jusqu’en 2004, date à laquelle il transmit le témoin à Philippe Guilloteau, à qui il avait déjà cédé sa place de maire de Surgères en 2001.

Une gauche devenue menaçante.

Malgré un premier tour facile, avec un total des droites à plus de 58 %, l’élection de Philippe Guilloteau (UMP), au second tour face à la socialiste Antoinette Lebot, fut plus étriquée : 52,7 % contre 47,3 %. Une élection en tout cas moins nette que celles de Branger lors des quatre élections précédentes. Depuis le début des années 70, les gauches, sans être très éloignées des droites, n’ont jamais vraiment été menaçante durant les années Branger. De 1978 à 2002, sur les 19 scrutins (seuls les premiers tours sont là pris en compte), les gauches n’en ont remportés que quatre (législative 1978, européennes 1979, présidentielles 1981 et 1988), les droites faisant le grand chelem entre les législatives de 1988 et de 2002, soit 11 scrutins. Et c’est donc en 2004 que les choses commencent à changer. (Voir les graphiques sur la page des données du canton)

Depuis la dernière élection cantonale, les électeurs du canton de Surgères se sont rendus six fois aux urnes. Ils ont donné la victoire quatre fois aux gauches (régionales 2004 et 2010, présidentielle 2007 et européennes 2009) et seulement deux fois aux droites (européennes 2004 et législative 2007). C’est un vrai retournement de tendance. Dans ce canton, la courbe moyenne des résultats des gauches est nettement ascendante et est largement passée devant la courbe moyenne des droites, elle, très affaissée. Cela sert à justifier le fait que nous considérons ce canton comme gagnable pour la gauche.

Droite unie, gauche divisée.

Thierry Blaszézyk, candidat socialiste dissident. (photo : Armand Berthomé)

Thierry Blaszézyk, candidat socialiste dissident (divers gauche). (photo : Armand Berthomé)

Cela dit, Philippe Guilloteau n’est pas battu d’avance, loin de là. Il est toujours maire du chef-lieu de canton, qui représente près de 43 % de la population de celui-ci, et c’est un avantage certain. Marie-Pierre Brunet, candidate de l’alliance PRG-PS dans le canton, est maire de Saint-Saturnin-du-Bois, seulement 5 % de la population. De plus, elle aura à côté d’elle quatre autres candidats de gauche. Une communiste, Annie Schirlain, un écologiste, Pascal Dupuy, un candidat d’extrême-gauche, Jean-François Malterre, et un dissident socialiste, Thierry Blaszézyk. C’est ce dernier qui risque de compliquer le jeu. Lors des négociations de l’accord avec le PRG, une frange du Parti Socialiste a réclamé l’investiture officielle pour celui-ci. Ils n’ont pas été entendus, et la section locale du parti a décidé de rentrer en dissidence. Le Parti Radical de Gauche a encore en mémoire l’épisode de la cantonale de La Jarrie en 2008, canton qui lui été réservé, où c’est le dissident socialiste, David Baudon, qui l’avait emporté. La fédération socialiste avait mollement protesté… Cette fois, elle a clairement réaffirmé son soutien total à Marie-Pierre Brunet. Yann Juin, chef des radicaux de gauche de Charente-Maritime, s’en est félicité et en appelle, lui, au soutien des conseillers généraux de gauche de la circonscription…dont un certain David Baudon. Un soutien qu’il a d’ailleurs obtenu, même de la part de ce dernier.

Comme en 2008 chez les voisins ?

Mais, pour nous, le canton de Surgères se dirige plutôt vers un scénario « à la Courçon 2008 ». C’est-à-dire ? C’était un canton à droite, qui tendait de plus en plus vers la gauche, sans que la tendance soit très nette. Nous l’avions mis à l’époque dans les cantons cibles de la gauche. Le conseiller général sortant, le divers-droite Bernard Drappeau, maire du chef-lieu, est le seul candidat de droite. A gauche, on trouve trois candidats. Un candidat communiste, Gilbert Bernard, le candidat officiel de l’alliance PRG-PS, le radical Denis Petit et, là aussi, un dissident socialiste, Didier Taupin. Finalement, au premier tour, dans la primaire à gauche, le candidat officiel l’a emporté sur le dissident, avec 34 % contre 20 %. Bernard Drappeau était, certes, devant mais avec seulement 43 % des voix sur le seul candidat de droite, c’était trop peu. Au second tour, même si le sortant a réussi à mobiliser, c’est bien Denis Petit qui l’a emporté avec près de 53 %. Mais il y a une différence notable entre les cas des deux cantons voisins de Courçon et Surgères, qui nous occupe. Si Bernard Drappeau était bien maire du chef-lieu dans son canton, Courçon, comme Philippe Guilloteau à Surgères, le maire de la plus grosse commune du canton, Saint-Jean-de-Liversay, était Denis Petit, le vainqueur final. Et Saint-Jean-de-Liversay a une part beaucoup moins prépondérante dans la composition démographique du canton de Courçon que Surgères dans le canton du même nom.

Cependant, notre pronostic est, au premier tour, une qualification pour le second de Philippe Guilloteau (UMP) et de Marie-Pierre Brunet (PRG-PS). Nous pronostiquons une victoire de celle-ci au soir du 27 mars, lors du second tour de scrutin. Si ce pronostic se confirmait, et que Marans (que nous considérons comme un canton de gauche vulnérable) reste aux mains d’EELV, les cinq cantons de l’Aunis seraient alors à gauche.

Pronostic LRpol : Victoire au second tour de Marie-Pierre Brunet (PRG-PS) – BASCULEMENT A GAUCHE.

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2 réponses à “A Surgères, la gauche en appétit.”

  1. Dans 7 février 2011 à 10:32 Katherin Kennedy répondu avec... #

    La guache est-elle capable de servir des plats suffisamment équilibrés et consistants pour satisfaire notre appétit ? Ou bien faudra-t-il se contenter d’avoir dans notre assiette les pierres du site gallo-romain de Saint-Saturnin du Bois, village en ruine pour lequel il aurait été plus intelligent de demander au Conseil Général des subventions utiles à son aménagement ! Avoir de l’appétit ne suffit pas, encore faut-il savoir préparer les plats et les servir dans le bon ordre. Comme d’habitude, la gauche met la charrue avant les boeufs : les récoltes ne seront pas fameuses. Katherin K.

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  1. Ces cantons qui peuvent faire gagner la gauche. | LRpol.fr - 13 juillet 2011

    [...] 5 février dernier (A Surgères, la gauche en appétit), nous disions que la situation de Surgères nous rappelais celle de Courçon en 2008, qui avait [...]

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