Éditoriaux

Ségolène Royal…et les autres.

Ségolène Royal à Poitiers, le soir du second tour des élections régionales, le 21 mars 2010. (photo : Sud-Ouest)

Ségolène Royal à Poitiers, le soir du second tour des élections régionales, le 21 mars 2010. (photo : Sud-Ouest)

Avec 60,6 % et 39 sièges (sur 55) au conseil régional, Ségolène Royal accentue nettement sa majorité dans la région Poitou-Charentes et écrase littéralement son adversaire de droite. Avec ce score, la gauche amplifie le résultat déjà historique du premier tour.

Une vrai razzia, du jamais vu dans l’histoire politique de notre région. Lors de ce second tour de l’élection régionale en Poitou-Charentes, la liste de gauche a réunie 60,6 % des suffrages exprimés. Un niveau jamais atteint en pourcentage, mais une récolte tout aussi inédite en termes de cantons. 148 des 158 cantons de la région ont donné la majorité absolue de leur voix à Ségolène Royal. Au passage, la présidente sortante réalise le grand chelem en Charente et, plus surprenant, dans le département de la Vienne. Même dans le « grand nord » de ce département, dans les très à droite cantons de Loudun (ancien fief de René Monory) ou des Trois-Moutiers, la coalition rose-verte arrive en tête. C’est un fait inédit comme le notait, dès dimanche soir, « L’Electeur Poitevin » sur son excellent blog. Nous aurons tout le temps de revenir, très en détail, sur les résultats des deux tours des régionales.

Une campagne forte mais loin d’être parfaite.

Ce large succès couronne une campagne menée tambour battant par le staff de Ségolène Royal. On a déjà eu l’occasion de dire ici que le PS a réussi à complètement asphyxier ses adversaires par un nombre de réunions publiques impressionnant. C’est ce que nous avions appelé la « tactique rochelaise », qui avait fait ses preuves lors de la municipale de 2008 dans la capitale de la Charente-Maritime. Une campagne tambour battant, mais pas pour autant menée de main de maitre. Depuis novembre, ce ne sont pas les polémiques qui ont manquées dans le camp Royal. C’est d’abord la composition des listes qui a souvent défrayé la chronique : au sein même du PS, puis avec l’appel au MoDem et encore une nouvelle fois dans l’entre-deux-tour.

Ensuite, ce sont les relations avec les autres composantes de la majorité sortante qui ont pris le devant de la scène. Moins avec le Front de Gauche, dont on savait, après l’échec de l’alliance avec le NPA, qu’il ne ferait que de la figuration, qu’avec Europe Ecologie. C’est Ségolène Royal qui a ouvert les hostilités en ouvrant sa liste à deux puis trois Verts, qui ont décidé de se mettre en marge de la « dynamique Europe Ecologie », comme le dirait Françoise Coutant. Logiquement, du côté de ceux restés dans la « dynamique », on a mal pris cette initiative et les trois ralliés ont été exclus, temporairement, du parti écologiste. Le contexte, déjà chaud, est devenu franchement brulant lors du meeting national d’Europe Ecologie organisé à La Rochelle, fin février. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, venue soutenir la tête de liste régionale, Françoise Coutant, avait alors clairement menacée Ségolène Royal d’une triangulaire au second tour. Il s’agissait de propos de fin de campagne et la fusion s’est finalement très bien passée. Il faut dire que la « dynamique » a fait 12 % au premier tour et a été confrontée aux 39 % de la liste PS-PRG, ça joue.

Désintérêt presque total.

Même après ce résultat du premier tour qui mettait Ségolène Royal en position de force pour les négociations avec la liste de Françoise Coutant, des critiques sont venues du Parti Socialiste. Elles venaient d’Olivier Falorni, la tête de liste socialiste pour la Charente-Maritime. Il reprochait à la candidate d’avoir profité de la fusion pour mettre en position inéligible ses soutiens, notamment Thierry Lepesant. Finalement, ce candidat, placé en 13ème position de la liste dans ce département, a été élu, et surtout, on a pu s’apercevoir que toute les polémiques dans ce genre de la campagne n’ont eu aucune influence sur les électeurs picto-charentais. Rien n’a pris et même les reports de voix, de l’extrême-gauche à Europe Ecologie, se sont parfaitement fait, et même au delà des scores du premier tour. De même à droite, les mauvais scores de Dominique Bussereau, au premier comme au second tour, ne sont absolument pas imputables aux deux « dérapages » qui ont émaillés sa campagne. Les électeurs se fichent complètement de ce genre de polémiques de campagnes…encore plus que des élections régionales elles-mêmes.

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3 réponses à “Ségolène Royal…et les autres.”

  1. Dans 28 mars 2010 à 09:25 maguy37 répondu avec... #

    Ce n’est pas vrai que les électeurs se fichent des Régionales.
    Moi je ne me fiche pas des régionales; ce sont les Régions qui répondent aux problèmes les plus urgents de notre vie de tous les jours.

  2. Dans 28 mars 2010 à 09:44 Pierre Garrat répondu avec... #

    Je vous le concède, je suis un peu extrême dans la chute de mon article. Néanmoins, avec autour de 50 % d’abstention lors des deux tours de scrutin, on ne peut pas dire que l’élection ait passionnée. Mais sachez bien que je le regrette autant que vous, et pour les même raisons.

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  1. Les tweets qui mentionnent Ségolène Royal…et les autres. | LRpol.fr -- Topsy.com - 29 mars 2010

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