L’envolée de la gauche.

Les scores des blocs de gauche et de droite à La Rochelle lors du premier tour de la régionale de 2004.
Lors de l’élection régionale de 2004, la gauche a frappé un grand coup dans la région Poitou-Charentes et à littéralement écrasé la concurrence dans ses bastions traditionnels, notamment à La Rochelle. Lors du second tour, Ségolène Royal a réalisé l’un des meilleurs scores de l’histoire de la gauche dans la ville. Analyse du scrutin dans la préfecture de la Charente-Maritime.
L’envolée du premier tour.
Après des élections régionales de 1992 et 1998 assez difficiles pour la majorité municipale, 2004 a été l’occasion pour la gauche de creuser l’écart. Avec 54,54 % dès le premier tour, la liste de Ségolène Royal (PS-PCF-Verts-PRG) était largement au dessus de son score régional (46 %) et en progrès par rapport au résultat de la liste de Philippe Marchand en 1998 (52,22 %). La gauche était renforcée, lors de ce premier tour, par la liste LO-LCR, absente six ans au paravent. Mais La Rochelle n’est pas une ville qui donne beaucoup de voix aux extrêmes et Claude Quémar, la tête de liste, n’a pas vraiment percé avec 4,51 %, soit un score quasi-identique à moyenne régionale. Au total, les gauches, dans leur ensemble, ont capitalisées lors de ce premier tour de scrutin 59,06 % des voix, 9 points de plus qu’au niveau régional et près de 7 points de mieux qu’en 1998.
La droite, à l’inverse, perd ces même 7 points avec 40,94 %. Dans le détail, la liste UMP-UDF d’Elisabeth Morin n’a pas dépassé les 30 % avec seulement 29,9 %. C’est un peu moins que le score régional (32,93 %) et que le score de Françoise Clerc en 1998 (33,82 %). Le Front National, lui, passe sous la barre les 10 points, avec 8,41 %, soit deux de moins par rapport au précédent scrutin régional et au score de Jean-Romé Charbonneau lors de ce premier tour au niveau régional. Enfin, la liste CPNT, de Gérard Fontenay perd un demi-point avec 2,63 %. C’est presque trois fois moins que la moyenne régionale. Il faut dire que les chasseurs font des scores très impressionnants dans les campagnes de Charente-Maritime.
Enfin, au sujet de l’abstention, le premier tour des élections régionales a été l’occasion d’un bond de la participation sur tout le territoire. A La Rochelle, la tendance est largement accentuée avec un taux d’abstention qui est passé de 47,60 % en 1998 à 40,35 %. Un taux plutôt bon dans cette ville où l’abstention est souvent plus forte que la moyenne. Néanmoins, on est bien au dessus du taux national et même régional, le Poitou-Charentes étant, au contraire, en moyenne plus civique que le reste du pays. Un demi-point de plus pour les bulletins blancs et nuls à 2,22 %.
D’un point de vue territorial, la liste Royal arrive en tête dans 48 des 52 bureaux de vote de la commune dont 40 avec la majorité absolue des suffrages. Le maximum, 67,54 %, est atteint dans le bureau 36 de « Lavoisier – 14-juillet », à Villeneuve. Le minimum, à La Genette, dans « Coligny » (bureau 24) avec 32,69 %, ce qui n’est pas un mauvais score pour l’ex-gauche plurielle dans ce bureau régulièrement le plus à droite de la ville. La liste de l’UMP menée par Elisabeth Morin n’arrive en tête que dans 4 bureaux, tous à La Genette : « Eglise de La Genette » (21), « Le Mail » (22), « Sécurité-Sociale » (23) et « Coligny » (24). Dans ces trois derniers bureaux, elle remporte même plus de 50 % des voix. C’est néanmoins à Coligny que le maximum est atteint, avec 58,74 %. Non loin de là, à Port-Neuf, à moins de 800 mètres, on trouve le bureau minimum de l’UMP avec les 12,2 % que lui accorde les électeurs du 6ème bureau, la Place du marché du quartier. Notons qu’il y a tout de même 12 bureaux où la principale liste de droite ne voit pas le jour, sous les 20 %. La carte du FN ressemble à celle de la gauche, les meilleurs scores sont faits dans les quartiers populaires. Dans « Parc Kennedy » (14), à Mireuil, la liste de Jean-Romé Charbonneau pointe à 16,31 % tandis que dans « Sécurité-Sociale » (23), à La Genette, le FN ne recueille que 3,55 % des voix. Carte là aussi presque semblable pour la liste LO-LCR : dans le bureau 9, « Château de Laleu », l’extrême gauche perce à 8,33 %. Loin des 1,18 % accordés par les électeurs de « Sécurité-Sociale » (23). Enfin, et c’est là bien plus surprenant, la liste CPNT réalise, elle aussi, ses meilleurs scores dans les quartiers les plus défavorisés. La pointe est atteinte dans « Bongraine » (39) avec pas moins de 7,89 %, et c’est à La Genette qu’on est le moins enclin à défendre la ruralité et/ou que l’on chasse le moins. Dans « Parc Charruyer – Piscine » (27), Gérard Fontenay, la tête de liste, ne rassemble que 0,58 % des électeurs qui se sont déplacés.
Dans les blocs, la gauche, c’est-à-dire les listes LO-LCR et PS-PCF-Verts-PRG, atteint son maximum à « Lavoisier – 14-juillet » (36) avec 72,46 % des voix. Symétriquement, c’est là que la droite atteint son plus bas (27,54 %). A l’inverse, la droite caracole en tête dans « Coligny » (24) avec 65,05 %, les listes de gauche n’obtenant que 34,95 %.
Mobilisation pour un score historique de la gauche au second tour.
Au second tour, la liste de Ségolène Royal l’emporte largement avec 61,44 %. Elle relègue loin la liste UMP de la présidente sortante qui décolle à peine par rapport à son score du premier tour avec 31,63 %. Enfin le Front National arrive bon dernier avec 6,93 %. La petite surprise c’est que la liste de gauche ne connait pas un bon aussi fort par rapport à son score de premier tour que partout en France et précisément en Poitou-Charentes. Entre les deux tours, par rapport au total de toutes les listes de gauche, Ségolène Royal ne gagne que 2,38 points, comme si elle avait fait le plein dès le premier tour (la gauche gagne 5 points au plan national et régional). Il n’y a que six bureaux où la gauche baisse, au maximum de 1,03 point. Ce petit gain, à mettre sur le compte de la plus forte mobilisation (l’abstention passe de 40,35 % à 36,89 % entre le premier et le second tour), permet néanmoins à la gauche de réaliser l’un de ses tout meilleurs scores historiques dans la ville. La liste d’Elisabeth Morin, en voix, n’engrange que les pertes du FN (il perd 1,48 point) et celles, esseulées, de la liste CPNT.
Géographiquement, la gauche, uniquement représentée par la liste Royal lors de ce second tour, obtient toujours son meilleur score à « Lavoisier – 14-juillet » (36) avec cette fois-ci 76,96 %. Les deux droites n’obtiennent que 23,04 %. Le meilleurs score de ces deux listes est acquis, là aussi toujours, dans « Coligny » (24) avec 63,66 %, soit près d’un point et demi de moins qu’au premier tour. Dans le détail du bloc de droite, la liste de l’UMP réalise son meilleur résultat dans ce même bureau, s’octroyant la part du lion dans les voix de droite avec 59,39 %. A l’inverse, la liste de la majorité touchait le fond avec moins de 15 % (14,93 %) dans « Collège Fabre-d’Eglantine » (50). La liste du Front National connaissait un pic à 14,71 % des suffrages dans le bureau 52 « Bibliothèque de Laleu ». Le moins bon score était enregistré au cœur du centre-ville, à « Place du marché – Porte-Royale » (33) avec 3,58 %. Quand on prend les trois listes en course, la liste de gauche arrivait en tête dans 48 bureaux contre 4 à la liste UMP. Quand on prend les deux blocs, c’est-à-dire que l’on additionne les résultats du FN et de la droite parlementaire, les droites arrivent en tête dans un bureau de plus, aux dépends de la gauche. Il s’agit des 4 bureaux du quartier de La Genette et d’un du centre-ville « Vieux-port ouest » (25).
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