Éditoriaux

La campagne balayée ?

Ségolène Royal, Denis Leroy et Yann Juin à Ensnandes après le passage de la tempête Xynthia. (photo : JC.Bouyer)

Ségolène Royal, Denis Leroy et Yann Juin à Ensnandes après le passage de la tempête Xynthia. (photo : JC.Bouyer)

Dimanche dernier, le Poitou-Charentes, et plus particulièrement la Charente-Maritime, était frappé par la violente tempête Xynthia. Tout de suite, les deux principaux candidats, Ségolène Royal et Dominique Bussereau, ont annoncé une trêve dans la campagne régionale. Qu’en est-il une semaine après le passage de la tempête et une semaine avant le premier tour de scrutin ?

« La campagne a changé de nature » comme l’a dit la présidente de région socialiste cette semaine. Effectivement, les candidats ont dû un peu bouleverser leur programme de campagne, notamment les deux favoris de l’élection, Dominique Bussereau et Ségolène Royal. Tout deux sont concernés au premier chef, le premier en tant que président de la Charente-Maritime, la seconde en tant présidente sortante du conseil régional. Dans un premier temps on pouvait penser que la campagne allait s’effacer, au moins une semaine. Cela n’a pas été le cas. Bien sûr, elle a connu un tournant mais il y a bien des conclusions politiques à tirer de cette avant-dernière semaine de campagne.

Retour du duel traditionnel.

On a assisté à un recentrage de la campagne sur les deux têtes de listes des deux grands partis, PS et UMP. En effet ils se sont retrouvés au centre des médias encore plus que lors des semaines précédentes. Surtout, ce virage se fait à un moment où il semblait, en fin de semaine dernière, que la campagne allait se concentrer sur la bataille interne à la gauche entre socialistes-radicaux et écologistes. C’était après le meeting national d’Europe Écologie à La Rochelle, où Cécile Duflot avait clairement déclaré qu’une triangulaire PS-UMP-EE en Poitou-Charentes était envisageable. Cette légère éclipse ne sera pas forcément préjudiciable à Europe Écologie. En effet, pour certains spécialistes, la tempête est un élément qui pourrait faire basculer des indécis. Françoise Coutant l’a bien compris, en déplacement sur l’Île-de-Ré pour soutenir une colistière, on l’a vu faire un semblant de récupération électorale de la tempête. Il sera sans doute intéressant d’analyser les résultats dans les communes durement touchées par Xynthia.

Quoi qu’il en soit, on a vu les deux principaux candidats sur le terrain réussir un vrai sans faute. Pas d’attaques contre l’adversaire, ils se sont même salués mutuellement, pas de récupération (Laurence Juin, dans une interview qu’elle nous a accordée, note que Ségolène Royal est venue à Esnandes sans micro ni caméra) et, quitte à paraitre naïf, une vraie sincérité est apparue. Les principaux éditorialistes régionaux semblent partager cet avis. C’est le cas notamment de Philippe Guilloteau, de Sud-Ouest, qui a noté hier lors de l’émission de France 3 Poitou-Charentes, La Voix est Libre, que Dominique Bussereau avait été très touché par ce drame, il aurait d’ailleurs été incapable de commenter le sondage Ifop de Sud-Ouest. Un évènement de campagne qui ne l’aide décidément pas à s’investir vraiment dans la campagne régionale. Pascal Roche, rédacteur en chef de France Bleu Poitou, dans la même émission, notait que Ségolène Royal avait passé toute sa semaine au chevet du département qui lui est le moins favorable dans la région et qu’elle allait peut-être en tirer bénéfice dans les urnes, dès dimanche prochain.

Effet Schröder ?

Bien malin qui peut dire si la tempête va avoir une influence sur le vote. Dominique Breillat, rappelait, mardi dernier, dans « Le Téléphone Sonne » spécialement délocalisé à Poitiers, qu’en 2002, un mois avant les élections législatives allemandes, l’implication du chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder, dans les suites des inondations en Saxe, lui avait permis de remonter son grand retard dans les sondages face à son challenger démocrate-chrétien de l’époque, Helmut Stoiber. Dans notre cas, difficile à dire. Si l’on devait se risquer à un pronostic, peut-être que l’événement va participer à une plus grande focalisation sur les deux principaux candidats et plus encore marginaliser les six autres listes. A moins qu’Europe Écologie ne tire profit des nouvelles folies de dame nature conjugués aux inconsciences humaines.

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2 réponses à “La campagne balayée ?”

  1. Dans 9 mars 2010 à 10:08 Quentin répondu avec... #

    Vos petites piques lancées à l’encontre d’Europe Ecologie sont tout simplement ridicules, c’est navrant, on s’attend à mieux venant de votre part.

  2. Dans 9 mars 2010 à 11:08 Pierre Garrat répondu avec... #

    Comme je l’ai déjà dit, la campagne d’EE doit, comme les autres, être soumise aux critiques.

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