Ridiculisés.

Daniel Matifas, Brahim Jlalji et Jean-François Mémain dans Sud-Ouest lors de la polémique au PCF rochelais en décembre 2007. (photo : Sud-Ouest)
Les instances du PCF de Charente-Maritime ont pris la décision, pour le moins surprenante, de ne prendre part ni à la liste du Front de Gauche, ni à la liste de Ségolène Royal. Mais voilà, la liste du Front de Gauche, présentée ce week-end, est composée d’élus communistes dans le département.
Rien n’est simple à gauche et encore moins à la gauche de la gauche. Après la défection, fin janvier, du NPA et des Alternatifs, cette semaine, c’est carrément une fédération du Parti Communiste, celle de la Charente-Maritime, qui a décidé de se retirer. En apprenant cela, on pouvait se demander comment Gisèle Jean pourrait bien composer sa liste de Front de Gauche. Le PCF 17 représente en effet, à lui seul, la majorité des militants communistes de la région et le Parti de Gauche n’est pas encore une grande force militante. Pourtant, cette fin de semaine, mouvements composants le Front de Gauche ont bien présenté leurs listes, y compris en Charente-Maritime. Comme si le retrait du PCF 17 avait facilité les choses. Dans le détail, la surprise, de taille, est de trouver des communistes sur la listes, et pas des moindres, des élus municipaux rochelais notamment.
La politique du pire.
Revenons d’abord sur la décision des instances fédérales communistes de ne participer à aucune liste. A vrai dire, ce n’est pas une grande surprise. On sait depuis plusieurs mois que la fédération de Charente-Maritime penchait nettement pour l’alliance avec Ségolène Royal au premier tour. Lors du vote des délégués, ils avaient voté pour cette option et avaient fait pencher la balance régionale en ce sens. Mais le vote des militant, décisif, à donné le résultat inverse quelques jours plus tard. Cela dit, les militants charentais-maritime sont très largement restés fidèles à leurs représentants dans les instances. Depuis le début des négociations avec les autres hypothétiques partenaires du Front de Gauche, la fédération a visiblement toujours eu du mal. D’après le NPA, elle n’aurait même participé à aucune des grandes réunions. Ceux là ont d’ailleurs mis cette raison parmi celles qui les ont poussées à constituer une liste autonome. En fait, le principal problème était celui de la tactique pour le second tour. Au NPA, on voulait se maintenir coute que coute alors qu’au PCF 17 on voulait fusionner ou, au pire, ne pas se maintenir même si la liste avait fait 10 % au premier tour, pour ne pas favoriser la victoire de la droite. Une fois les militants du parti d’Olivier Besancenot et des Alternatifs partis, les choses ne se sont pas améliorées et les rumeurs annonçant les communistes sur la liste Royal dès le premier tour ont même redoublées.
La non-participation au Front de Gauche est motivée par l’attitude du Parti de Gauche, prêt à jouée la « politique du pire » en n’ayant que faire d’une éventuelle défaite de la présidente sortante et de la gauche avec elle. Cela dit, ils n’iront donc pas non plus sur la liste Royal à cause de la présence de membres du MoDem, même prochainement exclus. Ils n’appellent à voter pour aucune liste au premier tour…façon implicite de dire que l’on appellera à voter pour la liste PS-PRG, certainement fusionnée avec Europe Ecologie, au second tour. Jusque là, c’est lisible. Ça l’est beaucoup moins quand le PCF 17 précise qu’il pourrait bien y avoir des candidats issue du parti mais à titre individuel. Cela pose un vrai problème de crédibilité. Mais la situation devient complètement illisible, et pour tout dire, ridicule, avec la participation de communistes sur la liste du Front de Gauche en Charente-Maritime.
Pas une première.
Cette présence de candidats comme Jean-Louis Rolland ou Marianne Bruller, conseillers municipaux PCF de La Rochelle est un véritable camouflet pour les dirigeants du PCF 17, notamment Brahim Jlalji, secrétaire fédéral depuis peu, lui-même adjoint au maire de La Rochelle. Pour tout dire, les instances fédérales sont complètements ridiculisés par ce véritable désaveu. Certes, on l’a dit, lors du vote militant, la base à suivie ses représentants en Charente-Maritime sur le choix de l’alliance avec Ségolène Royal dès le premier tour, mais il semble bien qu’on leur reproche aujourd’hui de ne pas avoir déposé les armes après leur défaite et le choix régional de la stratégie du Front de Gauche. Fin 2007, déjà, le PCF local avait connu de grandes difficultés dans la composition du groupe des candidats communistes destiné à composer la liste de l’union de la gauche rochelaise pour la municipale de mars 2008. Brahim Jlalji était déjà dans les rôles principaux, comme chef de la section rochelaise. Cela avait considérablement affaibli le parti et cette année, les choses ne semblent pas s’améliorer avec une grave fracture au sein du parti, non seulement entre la fédération maritime et les autres, mais au sein même du département.
Mise à jour (19 février) : Brahim Jlalji, le secrétaire départemental du PCF de Charente-Maritime, a vivement réagit à cet article dans les commentaires. Il a souhaité rappeler le communiqué des instances du PCF 17 (que vous pouvez retrouver ici). Par ailleurs, d’après lui, le soutien de communistes du département à la liste du Front de Gauche est minime, il parle 12 adhérents candidats sur cette liste.

Mauvais augure ? Affront de Gauche?
Le Front de Gauche Poitou-Charentes, face à la défection de la fédération PCF17 à J-5 du dépôt de liste, avait le choix entre deux options :
1°) Respecter les principes démocratiques et donc son partenaire pour lui permettre de revenir en acceptant sa demande d’effacer l’allusion au refus de négocier entre les deux tours si la liste présentée par Ségolène Royal comportait des « personnalités de droite ».
2°) Ouvrir ses portes à des « dissidents » du PCF17 qui n’ont d’autres légitimités ni appuis que leurs seules personnes, afin d’exclure de ce prétendu Front de Gauche ce qui en constitue plus de la moitié des forces militantes et des capacités contributives, et maintenir coûte que coûte ce (très bénéfique pour Bussereau) entêtement à plomber la liste Ségolène Royal.
La deuxième option, gauchiste et très méprisante pour la plus élémentaire conception démocratique, a été choisie sans égard pour l’effet désastreux produit sur les citoyens qui peuvent légitimement se poser des questions sur la responsabilité et l’aptitude à rassembler vraiment des gens qui ont fait ce choix.
De plus, comme on ne peut supposer leur stupidité politique, on se doit de constater que ce choix, se privant de militants, d’électeurs et de moyens matériels de mener campagne, ne peut que délibérément aboutir à faire moins de 5%, et encore moins puisque cette évidence va de plus freiner les ardeurs de ses partisans pour mettre la main à leur poche…certes cela évitera les déchirements pour savoir s’il faut ou non fusionner avec Ségolène Royal et pour qui la place…
Cette belle stratègie pour quel résultat ? Un effacement total du Parti communiste avec en prime divisions et ridicule, l’éclatement probable de la seule force importante de gauche hors PS qu’il représentait encore en Poitou Charente, le renforcement de l’orientation à droite de Ségolène Royal en la débarassant de tout élu de gauche susceptible de lui tenir tête et cela au moment où la direction du PS fait pourtant semblant de faire regarder vers la gauche sa ligne politique, faire du Modem et des écolos l’incontournable moyen de battre Bussereau tout en montrant aux électeurs que « la vraie gauche » ne peut en rien servir à celà !!!!
Et si tout celà n’était, en fin de compte, qu’un superbe tirage de ficelles et manipulations de naïfs gauchisants pour préparer le terrain à une candidature présidentielle sociale-démocrate comme Mélenchon par exemple ? les ornières du passé …on aime y revenir!
Bonjour,
Vous dites vouloir faire du journalisme et je vous le souhaite. La regle la plus elementaire du journalisme n’est elle pas de rencontrer ceux sur qui on ecrit?
Ne faut il pas avoir plusieurs sons de cloche?
Plusieurs de vos affirmations sont fausses et trop nombreuses pour que je puisse y repondre ici. De toute façon je pense que la verité ne vous interesse sans doute pas, sinon vous ne feriez pas un article sur le P.C.F17 sans avoir jamais contacté le PCF17. Je n’attend, donc, pas de reponse de votre part. Je tenais simplement à vous dire que vous allez devenir un gentil journliste, bien comme il faut…bien pensant et qui detient la verité sans enquette. Bravo continuez, vous etes sur la bon chemin pour le Figaro ou TF1. Brahim JLALJI
Bonjour M.Jlalji.
Il s’agit ici du simple blog d’un étudiant passionné de politique et de journalisme. J’ai, il est vrai, l’ambition d’en devenir un. En attendant, ce blog est un simple blog que je qualifie (ou que d’autres qualifient) de journalistique en opposition a des blogs « militants ». C’est ici un blog d’éditoriaux, parfois d’analyses d’un étudiant, un citoyen, pas plus ni moins légitime que les autres.
Mes infos, elles viennent de la presse, la radio ou la télévision locale, parfois par mes propres petits « réseaux ». Je suis tout sauf à l’abri d’une erreur factuelle. Si vous vous voulez exprimer votre opinion ou rectifier une information, vous avez colonnes ouvertes. Je vous offre la tribune de mon modeste blog sans aucun problèmes.
Ici, je donne mon avis sur la situation politique locale, cela ne va pas plus loin que cela. Evidemment, dans un éditorial, il y a une conclusion qui est diversement appréciée suivant où l’on se trouve. Je ne dit pas que ce que j’écrit est la vérité de la situation, je dit que c’est l’une des interprétations possibles.
Lors des élections européennes de 2009, le Parti Communiste Français s’est engagé avec le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire dans la constitution d’un « Front de Gauche ».
Ces trois partis ont décidé de reconduire ce « Front » pour les élections régionales, l’objectif proclamé étant de constituer une force réellement ancrée à gauche pour modifier les rapports de forces au sein de la gauche.
Au mois de novembre, un vote des adhérents du PCF a eu lieu en Poitou-Charentes pour choisir entre deux options pour les élections régionales.
Soit participer à des listes de large rassemblement de toute la gauche comprenant le Parti Socialiste ou bien participer au « Front de Gauche ».
En Charente-Maritime, 69% des communistes ont choisi la première option tandis que dans l’ensemble de la région, c’est la deuxième qui a obtenu la majorité des suffrages.
Respectant le vote majoritaire régional, la Fédération de la Charente-Maritime du PCF s’est donc engagée dans la constitution d’un « Front de Gauche » en Poitou-Charentes.
A quelques jours du dépôt des listes, nous avons été amenés à constater qu’après plusieurs mois de palabres et de discussions extrêmement difficiles avec nos partenaires du front de gauche, nous n’avons pas réussi à dépasser les désaccords politiques qui nous divisent profondément.
En particulier, l’idée développée par le Parti de Gauche selon laquelle il y aurait deux gauches quasiment irréconciliables ; La vraie gauche d’un côté et la fausse, symbolisée par le Parti Socialiste.
Pour nous, il y a des hommes et des femmes qui souffrent de la politique de la droite, il y a des hommes et des femmes qui, dans leur diversité, votent à gauche. Ce sont ceux- là que nous voulons rassembler.
Or, le Parti de Gauche s’est livré à une surenchère permanente visant à rendre impossible tout accord avec la liste de gauche qui arrivera en tête au soir du premier tour.
C’est ainsi que Christine Antoine, tête de liste du Front de Gauche en Deux-Sèvres et responsable régionale du Parti de Gauche, a indiqué dans la presse « qu’il n’y aura pas d’accord possible avec Ségolène Royal au second tour ».
Nous ne pouvions cautionner un tel positionnement politique qui renvoie dos à dos Ségolène ROYAL et D BUSSEREAU, tête de lite UMP et ministre de SARKOZY.
C’est pourquoi, le conseil départemental du PCF de Charente-Maritime a décidé, à l’unanimité des votants, de ne pas participer à une liste « Front de Gauche » dans ces conditions.
Non, la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose !
Notre adversaire, c’est la droite, il ne peut être question pour les communistes de Charente-Maritime de favoriser de quelque manière que ce soit sa victoire dans notre région.
Une immense majorité de nos concitoyens est assaillie par sa politique : chômage, remise en cause du départ à la retraite à 60 ans, attaques contre la sécurité sociale, privatisations des services publics, atteintes à la démocratie et aux libertés, débat sur l’identité nationale, appauvrissement de l’hôpital et de l’enseignement publics, précarité, bas salaires, voilà ce que vivent les françaises et les français.
C’est cette politique qui a été condamnée lors du grand mouvement social du début de l’année 2009.
Ce puissant mouvement portait les bases d’un possible rassemblement politique à gauche.
Malheureusement, les forces de gauche n’ont pas su ou pas voulu prendre l’initiative politique de répondre à cette attente populaire, ce qui a conduit le mouvement social à l’essoufflement.
Mais les raisons qui l’ont animé sont toujours présentes : des millions de gens se rebellent contre le système capitaliste, incapable de répondre à leurs aspirations et qui, au contraire, ne fait qu’aggraver la situation sur l’ensemble de la planète.
Partout, la crise sévit. La question du dépassement de ce système injuste et inefficace continue de se poser avec une particulière acuité.
Au lieu de se diviser, c’est à la construction d’un projet de transformation sociale s’appuyant sur les exigences populaires que devrait travailler l’ensemble des forces de gauche.
C’est parce qu’il n’a pas compris cette nécessité que le Parti socialiste s’est retrouvé dans la situation d’affaiblissement qu’il a connue ces dernières années.
Oui, c’est bien en répondant aux attentes populaires et en rassemblant à gauche qu’il sera possible de battre la droite et de faire renaître l’espoir pour des millions d’hommes et de femmes.
Méconnaissant cette réalité, Ségolène Royal a jeté le trouble dans l’électorat de gauche en faisant le choix d’ouvrir sa liste à des responsables du MODEM.
Or, nous le disons : pour battre N Sarkozy et sa politique, le rassemblement de toute la gauche doit se faire dans la clarté politique et non dans la confusion.
C’est pourquoi, malgré les multiples sollicitations de Ségolène Royal auprès des communistes et notamment des élus communistes sortants, le conseil départemental de la Charente-Maritime du PCF a refusé de participer à sa liste pour ne pas cautionner sa volonté d’y inclure des gens de droite.
Faisant le constat qu’il lui était impossible de poursuivre l’aventure avec le Front de Gauche ou de rejoindre la liste de S Royal, le Parti Communiste Français de Charente-Maritime a donc décidé de ne participer à aucune de ces deux listes pour les élections régionales en Poitou-Charentes.
Néanmoins, les communistes seront présents dans la campagne électorale en faisant vivre leur conception du rassemblement pour empêcher une victoire de la droite en Poitou-Charentes.
Enfin, la fédération de la Charente-Maritime du PCF tient à remercier ses deux conseillers régionaux sortants et les quatre autres élus du groupe communiste, pour le travail effectué au cours du mandat qui s’achève.
Unilatéralement et au mépris des décisions démocratiques de leur Parti, 12 adhérents du PCF ont décidé de s’autoproclamer candidats sur la liste régionale : « Ensemble pour un Poitou-Charentes … ». Ils ne peuvent évidemment pas se prévaloir du PCF.
Je précise simplement que j’avais déjà lu, plutôt deux fois qu’une d’ailleurs, le communiqué du PCF 17, avant d’écrire l’article. Je prend néanmoins compte à la fois de vos critiques et de votre position, je vais faire une petite mise à jour de l’article.
Il es peut etre temps de changer d’edito non?
Je ne voit pas pourquoi. J’ai rajouté en bas de page la seule information que vous m’avez apporté, c’est à dire le chiffre des 12 candidats communistes sur la liste du FdG. Il y a de la place pour nos deux points de vue je crois.