Chronique d’une victoire annoncée ?
Ce matin La Nouvelle-République et Centre-Presse ont révélé le premier sondage public sur l’élection régionale en Poitou-Charentes, réalisé par l’IFOP. Ségolène Royal est donnée largement gagnante mais il y a bien d’autres enseignements à tirer des résultats de cette étude.
La présidente sortante du conseil régional peut, a priori, dormir tranquille. Avec 57 % au second tour elle semble jouir d’une confortable marge de manœuvre face à Dominique Bussereau. Ni l’issue ni même l’ampleur ne sont vraiment surprenants. Ce sont les résultats du sondage de premier tour qui sont plus instructifs et, pour le coup, surprenants. Dans le détail, Ségolène Royal arrive en tête avec 33 %, Dominique Bussereau n’est que deuxième avec 29 %. Que la socialiste arrive en tête alors que sa majorité part au premier tour sur trois listes différentes, c’est plus qu’une surprise, c’est un véritable tour de force permis par l’extraordinaire faiblesse de la droite, nous y reviendrons. En troisième position on retrouve Europe Ecologie avec 14 %. La deuxième surprise, c’est que le bon score de Ségolène Royal n’empêche pas la liste écologiste d’en faire un aussi. Avec ce chiffre, Europe Ecologie conserverait son score des européennes de juin mais avec bien plus de voix derrières, compte tenu de l’abstention lors du scrutin européen. Si le résultat venait à se confirmer, Poitou-Charentes serait l’une des seules régions où les écologistes maintiendraient en pourcentage leur score des européennes. Quatrième, le Front National avec 7 %. Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie serait en retrait de 3,5 points par rapport à Jean-Romée Charbonneau en 2004, ce qui l’empêcherait de se maintenir au second tour. Néanmoins, le score du parti d’extrême droite n’est pas mauvais, il pouvait s’attendre à bien pire après les 3 % enregistrés en moyenne sur les 17 circonscriptions du Poitou-Charentes lors du premier tour des législatives de 2007. Ces 7 %, dans une région souvent bien en dessous la moyenne nationale du parti (contrairement à ce que disait la tête de liste, samedi dernier, sur France 3 Poitou-Charentes) est tout de même une petite surprise. Cinquièmes ex-æquo le MoDem et le Front de Gauche avec 5 %. Pour le premier, c’est une catastrophe. Un score normal pour le parti orange se situerait à 7 ou 8 %, au moins. On est aussi très loin d’un éventuel maintien au second tour. Il ne fait presque aucun doute que l’alliance avec Génération Ecologie ne père rien dans la situation électorale de Pascal Monier. Pire pour le Mouvement Démocrate, ce sondage donne raison à Alexis Blanc. Pour la seconde liste ce 5 % est encourageant car il maintient le score des européennes. Mais le suspense demeure, à 4,9 % l’élection sera ratée alors qu’à 5,1 %, elle sera réussie. Aux trois dernières places on trouve le NPA à 4 % et LO à 1 %, ce qui donne, à peu de choses près, le même score que la liste LO-LCR de 2004 (4,5 %), puis DLR à 1 %.
Le bonus à la division, le malus à l’union.
Dans la configuration d’éparpillement de la gauche qui est celle du Poitou-Charentes cette année (cinq listes contre deux en 2004), il faut se prêter au jeu des additions pour avoir une bonne vision des choses par rapport à la précédente élection. Prenons d’abord la gauche au sens large du terme, de l’extrême gauche au PS et EE. Cela donne 57 %, c’est considérable et c’est près de 7 points de mieux qu’en 2004, un progrès non moins considérable. Au sens restreint du terme, c’est-à-dire seulement les trois forces de la majorité sortante, le résultat est là aussi très bon. Unies en 2004, elles avaient réalisées 46,3 % au premier tour. Cette année, d’après le sondage de l’IFOP, divisées, elles obtiennent 52 %, soit un progrès de 6 points, la majorité sortante engrange donc la quasi-totalité des progrès des gauches. Bien entendue, quand on voit ce chiffre, on se dit, comme l’éditorialiste de Centre-Presse, Philippe Rivière, que si l’union avait été faite, l’élection aurait été acquise au premier tour pour Ségolène Royal. C’est aller un peu vite en besogne mais on en aurait sans doute pas été loin. Ce résultat n’est que la traduction en intentions de vote de la bonne perception du travail de la majorité sortante.
A droite, les choses sont cette année plus simple avec deux seulement deux listes, le CPNT ayant fait alliance avec l’UMP dès le premier tour cette année. Si les progrès de la gauche sont forts, les pertes de la droite sont cataclysmiques, et je pèse mes mots. Entre 2004 et 2010, les droites, dans leur ensemble, de l’UMP au FN, pourraient perdre près de 13 points. Si ce 37 % se confirmait, ce serait, ni plus ni moins, que le pire score des droites en Poitou-Charentes depuis un quart de siècle et sans doute plus (je n’ai de données précises que jusqu’en 1984, et la région n’était pas connue pour son côté rouge auparavant… Bref, on a peu de chance de tromper si on dit que cela serait son pire score historique). C’est la majorité présidentielle qui souffre le plus en valeur absolue car elle absorbe 10 des 13 points perdus pour tomber sous les 30 %. L’unité de la majorité présidentielle ne change rien. On n’ose imaginer quel serait les scores dans les quatre préfectures de la région, largement plus à gauche que la moyenne nationale et régionale. A La Rochelle, on pourrait retrouver un score comparable à celui de la municipale de 2008, déjà catastrophique.
Surréaliste.
Avant de conclure, il faut revenir sur les réactions suscitées par ce sondage. Chez les soutiens de la liste PS on est bien entendu ravi. Gisèle Jean, tête de liste du Front de Gauche, semble assez encouragée. Les pontes du MoDem jouent la méthode Coué. Chez Europe Ecologie, c’est déjà plus complexe. D’un côté on a la tête de liste, Françoise Coutant, qui réaffirme encore une fois que si sa liste dépasse les 10 %, ce qui semble devoir être le cas, la coalition verte se posera sérieusement la question du maintien, ruinant bien entendu les chances de victoire de cette gauche pourtant ultra-majoritaire. Mais Centre-Presse et La Nouvelle-République ont aussi interrogé Eric Poisson, candidat écologiste dans la Vienne qui commente presque plus le score de Ségolène Royal que celui de Françoise Coutant, faisant de l’alliance au second tour une simple formalité, ce que sa tête de liste se tue à dénoncer depuis des mois, si ce n’est des années dans sa carrière politique. Mais sans conteste, la réaction la plus surprenante est venue de l’UMP. Les deux journaux locaux précisent qu’aucune personnalité, telle Jean-Pierre Raffarin, Élisabeth Morin ou Olivier Chartier n’a souhaité réagir sauf…Dominique Bussereau. Pour le « malgré-nous » de l’UMP, le résultat du sondage est « très réaliste ». Oui, vous avez bien lu, Dominique Bussereau considère que le résultat est « très réaliste ». Sa lourde défaite, l’effondrement de la droite etc. sont « très réaliste ». Certes, il dit aussi qu’il a une grande marge de progression…mais jamais on avait entendu un candidat à une élection dire après un très mauvais sondage que son résultat est « très réaliste ». Il y a quelques semaines on saluait l’entrée en campagne du secrétaire d’Etat aux transports. Il avait trouvé son identité. Aujourd’hui, il semble déjà sorti de la campagne, au sens propre comme au sens figuré.
Enfin, le plus grand enseignement de ce sondage IFOP d’intentions de vote pour le Poitou-Charentes c’est que les gens se fichent complètement des polémiques qui ont pu agiter le monde politico-médiatique picto-charentais. Des Verts sur la liste Royal ? Rien à faire, Europe Ecologie est en passe de réaliser un très bon score. Des MoDem sur la liste Royal et des remous au PS ? La plupart des électeurs de gauche, même extrême, ne semble pas en faire un casus belli. Une présidence trop autoritaire ? Royal réunie un électeur sur trois dès le premier tour. L’intox jouée par Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau au sujet de leurs « amis » socialistes qui viendraient en cachette les soutenir ? Cela ne prend pas une seconde pour les électeurs…la liste est longue. Certes, on pourrait se dire que le faible score du MoDem est une conséquence des problèmes du parti ses deux derniers mois. C’est sans doute en partie le cas mais il ne faut pas oublié le contexte national qui semble très défavorable au Mouvement Démocrate actuellement. Sans doute est-il trop tôt pour dire que l’élection est jouée car les deux jours qui vont se passer entre les résultats du premier tour et le dépôt des listes pour le second vont être tendus mais deux tendances nettes se dégagent. La première c’est que le bilan de la majorité est salué et la seconde c’est que le Poitou-Charentes est maintenant une région nettement plus à gauche que la moyenne nationale. Un politologue d’il y a 10 ou 15 ans n’y aurait pas cru.

Bien que je partage une grande partie de votre analyse, il manque quelques éléments d’appréciation :
- le taux éventuel de l’abstention n’a pas été publié,
Concernant le MODem, en étant réaliste sur notre situation, je vous rappelle que le sondage a été fait entre le 4 et 6 févirer alors que le MoDem a lancé sa campagne et dévoilé ses listes le 6 février ! Jusqu’à cette date, nombre d’électeurs et de sondés ont pu être influencé dans leur choix par la battage médiatique d’Alexis Blanc disant qu’il n’ y aurait pas de listes autonomes et que tout le MoDem rejoindrait Royal. Hors ce n’est pas le cas.
- Concernant la plus value de Génération Ecologie, l’annonce officielle de l’accord a été faite le 4 au soir et repris dans la presse le 5.
- Enfin, contrairement à d’autres régions, l’AEI n’ pas été sondé dans la liste des partis politiques proposés.
Certainement que les déclarations contradictoires venues des responsables du MoDem depuis plusieurs semaines ont joué sur ce sondage. Mais je vous rejoins, le socle est plutôt autour des 8 %.
On comparera le sondage avec le résultat au soir du 1er tour. Vous savez très bien qu’il y a souvent, mais pas toujours, de grandes distorsions.
Bonne analyse Mr Garrat,
Après un « blitz » médiatique de précampagne de Royal, on peut dire que l’occupation méthodique du terrain et une communication sereine et prégnante sur les attentes des électeurs périphériques au PS peuvent lui permettre de dépasser les 60%. Ce sondage peut aussi avoir un effet démobilisateur à droite, et accentuer l’écart.
Effectivement le taux d’abstention n’a pas été publié, tout comme les tableaux détaillés des voix par tranches d’ages, sexes etc. C’est une vrai carence pour l’analyse. Néanmoins, les autres objections que vous avancez me paraissent très limités. J’ai vraiment le sentiment que la date du lancement de la campagne ne joue pas, tout comme quand E.Morin dit « oui mais le sondage a été fait avant que la liste soit présentée… » Rappelons que le sondage ne mesure que les rapports de force en ce début février. Sans doute que le soir du premier tour les résultats seront différents, mais seulement parce que le P-C ne sera pas l’objet de 36 sondages d’ici le scrutin qui nous permettraient de voir la tendance. Exemple aux européennes : certes le dernier sondage ne donnait pas précisément les scores du PS, d’EE et du MoDem mais les 4 ou 5 dernières enquêtes montraient la tendance à la baisse du PS et du MoDem et la hausse d’EE. Je ne sais pas si je suis très clair ?
Je crois très sincèrement qu’il n’y aura pas d’effet GE, ou à là marge. Cela ne veux pas dire que je pense que le MoDem va rester à rester à 5, mais que s’il progresse, ce sera grâce à la « marque » MoDem. Et puis je précise que quand je dis qu’un score normal se situe à 7 ou 8 %, ce n’est pas une prédiction où une critique du sondage.
Et puis sur le commentaire de M.Biloa, je crois que le sondage peut aussi avoir un effet démobilisateur à gauche.
SUPER ségolène ! cette analyse donne une image intantanée de la réalité de ce qu’il se passe en Poitou-Charentes ! sans compter tous les combinards de solférino , qui ne cessent de démolir sur tous les sites , l’action de ségolène ! quoique ! pour ségolène , mieux vaut des sondages décevants , que trop favorables !dans tous les cas elle les écrasera tous comme pour les primaires : !
@Pierre: si si j’ai compris pour les sondages des européennes. Une campagne n’est jamais jouée: une bourde très bien relayée par la presse et vous baissez ou montez de 2 points
Nous en savons quelques chose ! C’est le seul sondage fait sur les régionales, qu’il soit national ou focalisé sur une région, où le taux de participation n’est pas donné. C’est étrange quand même. Il aurait été intéressant de le comparer avec la tendance nationale dans une région où traditionnellement ça vote au-dessus de la moyenne. Un taux d’abstention de 50 ou de 35% et l’analyse n’est pas la même.
Je reste quand même convaincue comme beaucoup que l’élection régionale garde une spécificité locale même si certains sont tentés d’en faire une élection nationale. Et sur ce critère là, la présence de tel ou tel élu ou acteur de son territoire sur une liste joue un rôle. Ce n’est pas pour rien que Royal a pris un syndicaliste. Je reste convaincue aussi que beaucoup de citoyens se déterminent en fonction d’un projet ou des propositions également. Et une fois sur deux, un électeur se détermine dans les dernières 48h.
Un effet GE à la marge, c’est 1 voir 2 % donc ça change l’analyse !!! C’est surtout la plus-velue des candidats qui est importante et surtout la perspective d’aller ensemble vers 2012.
Aux européennes, les électeurs « tendance écolo » ne sont pas restés insensibles à une écologie Indépendnate, sortie du ghetto de la gauche, malgré Europe Ecologie. Le fait que toute la famille politique écologiste de Poitou-Charentes, à l’exception des Verts, fassent listes communes avec le MoDem (y compris CAP21) est une donnée importante et qui jouera plus qu’à la marge.
Mais on en reparlera le 14 mars au soir…ou le 21 !
Maintenant la marque MoDem joue très peu mais un peu plus que celle du Nouveau Centre
La vraie marque qui joue sur le vote centriste, c’est la marque Bayrou. Les intentions de votes pour Bayrou sont en moyenne 2 à 3 fois supérieures à celle du MoDem. Encore aujourd’hui où Bayrou est autour de 12/14%. C’est le seul cas sur l’échiquier politique à l’exception des Verts qui sont eux dans le phénomène inverse. Le MoDme en a déjà tirer les conséquences pour l’après régionale.
Je crois qu’il est un peu réducteur de penser que seul le dérapage de François Bayrou est à l’origine du « faible » score du MoDem aux européennes. Sur l’abstention nous sommes d’accord, je l’ai déjà dit. Et puis quand je dis que la date du lancement de campagne ne joue pas sur les résultats du sondage, d’abord ce n’est que mon avis, et puis cela ne veut pas dire que je pense que les critères vont être uniquement nationaux lors du scrutin. Je suis comme vous, j’espère que cette élection restera régionale, et cela semble quand même bien partie. Maintenant, que un tel soit deuxième ou troisième sur la liste, les gens s’en fiche.
La marque MoDem existe, certes, elle est en grande partie incarnée par Bayrou mais quand on dit MoDem les gens savent à peu près ce que c’est ! Votre retournement de situation sur la situation des écologistes en Poitou-Charentes est assez « malhonnête » quand même ! GE+CAP 21, c’est 1 ou 2 %. Europe Ecologie, c’est 14 % dans ce sondage.
Enfin, sachez bien que le soit des premier et second tour, je n’aurais pas de problèmes pour reconnaitre mes erreurs de pronostiques. Je ne suis pas si buté que j’en ai l’air !
@ Pierre Garat: ne prenez pas la mouche !
La boulette de Bayrou a été évalué par les sondeurs justement à 1 à 3% selon les cas. ça change l’analyse au soir du 7 juin.
Si vous estimez que GE et CAP21 pèsent 1 à 2 % alors la liste « Ambition Partagée » serait autour de 6/7% : ça change l’analyse ! Moi je me rappelle juste qu’aux européennes, ils ont frôlé les 4 % sans aucun moyen mais en profitant de la vague écolo dans l’opinion à ce moment là, je vous le concède.
Pour qui s’intéresse à la démocratie locale, de savoir qui sera 2ème ou 3ème, pour un électeur ça compte beaucoup. La preuve, Royal a pris dans le 79 Pascal Duforestel en 2 pour s’assurer une partie du vote Niortais qui ne lui ai pas favorable dans la culture socialiste de cette ville. Ensuite; elle le vira pour sa liste du second tour.
Je n’ai jamais dit que vous étiez buté. Et votre analyse n’est pas forcément la moins inexacte. J’ai lu dans un journal du coin, que Ségo faisait un carton chez les moins de 35 ans alors que les chiffres ne sont pas donnés et publiés, d’ailleurs comme aucune tranche d’âge comme vous l’avez signalé justement. N’est-ce pas étrange ? Soit une partie des chiffres ne sont pas donnés pour telle ou telle raison car pas « bon » sur certains critères, soit cela relève de la propagande pure.
Oui quand on se trompe il faut reconnaître ses erreurs. Moi je l’ai fait avec Alain Baudin qui le jour même s’est vu refuser l’entrée à la réunion de la majorité au conseil Régional par ces petits copains du PS. Et dire qu’ils prône le rassemblement et l’ouverture vers le MoDem, ça promet ! Quelle étrange attitude !!!
@Orange Sanguine.
Tu dis que: «Le fait que toute la famille politique écologiste de Poitou-Charentes, à l’exception des Verts, fassent listes communes avec le MoDem (y compris CAP21) est une donnée importante et qui jouera plus qu’à la marge. »
Cela me franchement marrer car ces petits partis n’ont aucune lisibilité, personne ne les connaît et parce que EE semble peser 14% tout seul. Ainsi «la famille politique écologiste de Poitou-Charentes » ressemble plutôt à une structure monoparentale qu’à une famille nombreuse. Il serait d’ailleurs intéressant de sonder leur visibilité. Tu estimes leur apport à 1 à 3%, je te trouve très optimiste. Selon moi, c’est bien plus marginale.
Enfin, la force EE est justement, à tord ou à raison, d’envoyer un message d’unité des écolos à l’opinion et donc de condamner ces autres partis à l’anonymat, ce qui est stratégiquement un coup de maitre. D’ailleurs Lepage semble l’avoir bien compris et ne cache pas son envie de rejoindre EE.
Il convient d’observer que les élections se suivent et que le MoDem continue à sombrer du fait de l’ambition de son chef. Ce parti va encore connaître une saignée au deuxième tour des élections avec des responsables locaux souhaitant être élus et un chef ne voulant hypothéquer ses chances dans une compromission à droite ou à gauche et ne donnant donc aucune consigne. Bref, le MoDem est dans une impasse, les électeurs l’ont bien compris et vont voir ailleurs.
@Orange sanguine : il n’y a aucun problème ! J’ai du mal à faire passer mon ton parfois un peu badin sur mes commentaires.
Je ne crois pas à cette sorte de « théorie » du complot que vous semblez décrire au sujet de la face cachée du sondage. Je crois, très prosaïquement, que c’est un désir « commercial » des commendataires du sondage de ne pas voir plus de résultats que cela dans le reste de la presse. C’est dommage, mais ce n’est rien de plus que cela à mon avis.
Et puis au sujet de GE et CAP 21, rien ne dit que les 1 ou 2 % ne sont pas déjà dans les 5 % du sondage…
Je découvre ce blog après être tombé par hasard sur un reportage il y a un mois environ sur France 3. Tout d’abord félicitations pour le contenu de ce blog. Clair, Argumenté, sans « langue de bois »… J’apprécie l’affichage des convictions politiques personnelles de l’auteur, sans que cela n’influe sur l’écriture des différents articles.
Alors moi aussi, je vais être franc, je suis un « bleu » dans les 2 sens du terme : jeune, novice, sans expérience… mais également proche des idées défendues par l’UMP. Ceci étant, je déteste les clivages et cloisonnements… je ne porte pas d’oeillères !
Alors comme ça Ségolène est en bonne voie pour embrayer sur un second mandat de Présidente de la Région. Les sondages sont là. Segolène : 57% – Bussereau : 43% ? Cela me parait beaucoup pour Dame Royal. Je pense que l’écart sera moins important au soir du 21 mars. Tout comme je pense que le grand chelem rose ne sera pas réalité au niveau national. Malgré tout, je ne me fais pas non-plus d’illusions… Le PS (enfin je devrai plutôt dire le PS + l’ensemble des listes allant du NPA au centre-gauche, ce qui élargi forcément les forces en présence) conservera une belle brochette de régions; notamment celle de Poitou-Charentes.
Le néo-picto-charentais que je suis se pose malgré tout quelques questions. Ne pensez-vous pas que Ségolène dirige cette région en solo ? Au niveau régional, j’en ai l’image d’une « Dame de Fer » qui tente, essaye, promet, promet, communique, communique, communique mais qui au final arbore un bilan mention « passable, peut mieux faire ». Certes, et à l’image des autres régions, les impôts y ont augmenté fortement durant les 6 dernières années, mais sur ce point je sais très bien que l’UMP aurait fait de même. Cependant, ce que je ne comprends pas c’est son discours bivalent selon l’échelle territoriale à laquelle elle se positionne. Je m’explique. Lorsqu’elle mène une campagne nationale (ambition première de Mme Royal, gaut-il le rappeler) elle tient un discours différent de celui qu’elle défend à l’échelle régionale. Un exemple : Lors de la dernière présidentielle, elle annonce sa volonté de confier la commission des finances à l’opposition, mais à l’échelle régionale, elle ne l’a jamais fait !
Enfin je ne dresserai pas ici le portrait de Mme Royal, ce visage qu’elle tient lorsque les caméras sont bien loin de Poitiers… Le personnel du Conseil Régional de Poitou-Charentes sont mieux placés que moi pour pouvoir répondre à la question « Qui est vraiment Madame Royal ? » au quotidien…
Alors, en me lisant vous pourrez critiquer mes propos (j’accepte la critique, selon moi, elle fait avancer), ne pas les comprendre, tenter de les décrypter ou bien encore décider de passer outre. J’expose ici des points de vue qui sont les miens mais qui sont également partagés par d’autres personnes. De plus, je suis en Poitou-Charentes depuis très peu de temps, et je vous prie de m’excuser si je ne mesure pas encore toute la « donne politique locale ».
En tout cas je réédite mes félicitations pour ce blog, où personnellement je compte bien venir de temps à autre pour prendre connaissance des futurs articles.
Ciao.
Je me garderais bien de donner mon avis sur la gouvernance de Ségolène Royal mais force est tout de même de constater que sa majorité au conseil régional l’a toujours suivie. J’ajoutte que dans les négociations automnales avec les Verts, elle leur a proposé 11 places éligibles ce qui, dans une victoire comparable à celle de 2004, leur aurait donné la clef de tout majorité (comprendre que si les Verts votaient contre un projet de l’exécutif, il est était mis en minorité). Si elle avait une gouvernance aussi autoritaire qu’on le dit, se serait-elle mis autant en danger avec cette proposition ? je crois que cela mérite au moins le débat.
Et puis surtout, je crois, comme je le dis dans l’article, que les électeurs s’en contre-fichent. Ils estiment, visiblement, qu’elle fait bien son travail et que la prétendue gouvernance autoritaire, si elle permet de faire une politique qui leur plait, et bien on peut passer dessus. Regardez en Languedoc Roussillon : visiblement, les électeurs sont tellement satisfait du bilan de Georges Frêche et de sa majorité que ses déclarations, avérées elles, n’ont presque aucune importance. Alors vous imaginez que pour de simple rumeurs sur Ségolène Royal…
@Simon: ce n’est pas moi qui estime CAP21/AEI à 1 à 3 % c’est Pierre Garat !!! 1 à 2 ¨écrit-il ! à 3 % ce serait la boulette de Bayrou face à Cohn-Bendit, pour Brice Tinturier.
Je ne serai pas aussi radical que vous sur le fait que ces petits partis ne soient pas connus. Tout dépend à quelle génération l’on s’adresse.
Génération Ecologie a été fondée il y a près de 20 ans par Borloo, Lalonde, Noel Mamère, Harlem Désir….En 1992, ils font 7.2 % aux régionales. Il en reste toujours quelque chose. La preuve, leur score aux européennes au sein de l’AEI autour de 4%, seule donnée objective pour apprécier leur poids électoral. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
Sorti de La Rochelle, qui connaît le PRG chez les jeunes de la région ? Ou le parti Radical Valoisien ou le Parti communiste ? si ce dernier est étudié au collège avec Staline et Lénine.
@ Pierre: non, je ne verse pas dans la théorie du complot, rassures-toi. Je trouve simplement bizarre que le chiffre estimé de la participation ne soit pas « communiqué » ce qui est la règle dans ce genre de sondage. Cela me laisse penser qu’il n’est pas « bon » dans une région qui vote fortement habituellement.
Comme tu le dis justement, c’est un sondage « commercial » puisqu’il est publié dans Paris-Match comme sondage exclusif « La Nouvelle République et Paris-Match ». Cnetre-presse a disparu.
Le fait que certains journaux aient publié que Ségolène faisait le plein chez les moins de 35 ans par exemple me paraît donc étrange puisque cette donnée n’a pas été communiquée publiquement. Quand un journaliste l’écrit, qu’il cite la source c’est tout.
Mais ne t’inquiètes pas , sauf accident d’un modem à 10% au soir du 1er tour, ta Ségolène sera réélue…en principe.
L’actualité de ce matin vient renforcer mes propos. Regardez le « grabuge » sur les listes socialistes de Charente-Maritime ! L’article de Sud Ouest expose très bien les agissements de celle que j’appelais hier la « Dame de Fer ». La politique du « Faites ce que je dis mais que je ne fais pas » et plus grave encore, selon moi, cette politique du « Je fais mes p’tites manoeuvres en solo envers et contre tout » est le reflet d’une équipe socialiste qui marche sur la tête.
Les électeurs seront-ils prêts à donner leur confiance à un parti qui un mois avant les régionales « se tire dans les pattes » ? 57% pour les listes de Ségolène… cela risque bien de baisser dans les prochaines semaines.
J’espère juste que les picto-charentais feront preuve d’intelligence dans leur vote du 14 mars.
Je crois que les gens s’en contre-fichent et à raison. Maintenant, vous avez raison, il faut attendre le 21 mars.
Dans l’article vous dites : »Poitou-Charentes plus à gauche que la moyenne nationale »; dans les intentions de vote sur les étiquettes à un instant donné, oui! Mais est-ce le fait des notoriétés relatives des personnalités politiques ou celui des attachements aux orientations des projets et programmes ?
Je crois que c’est une tendance profonde. Depuis 2004, la gauche a gagné toute les élections dans la région, notamment la présidentielle et les législatives de 2007, qui, vous le savez, ont été remportées par la droite au niveau national. Il faut voir ce basculement dans le cadre plus général du grand ouest français. Il y a eu une très grande « transition électorale » en France entre 1974 et 2007. En 1974, à la présidentielle, VGE l’emportait largement dans le grand est et le grand ouest, Mitterrand dans le sud-ouest comme le sud-est. Peu à peu, le sud-est à basculé à droite (voire à l’extrême droite) et l’ouest à gauche. On dit que les élections de 2007 sont, en quelque sorte, l’achèvement de cette transition. Tout cela s’explique par le fait que la droite est devenue de moins en moins démocrate-chrétienne et de plus en plus gaulliste (bonapartiste dirait René Rémond), ce qui ne prend pas chez les électeurs du grand ouest. De l’autre côté, la gauche ne fait plus peur par son « anti-cléricalisme de combat » qui l’à caractérisé entre 1880 et la Seconde Guerre Mondiale.
C’est vrai, Ségolène Royal est le symbole du basculement du conseil régional en 2004, c’est important, mais ce n’est qu’un symbole. Avant la campagne de 2004, on ne pouvais pas dire que la députée des Deux-Sèvres apparaissait comme une sorte de « leader » de la gauche régionale. Je crois donc que c’est plus profond que cela, plus structurel.