Éditoriaux

La force tranquille.

Dominique Bussereau est véritablement entré en campagne cette semaine. (photo : Sud-Ouest)

Dominique Bussereau est véritablement entré en campagne cette semaine. (photo : Sud-Ouest)

Pour marquer le « J-100 » avant le premier tour des régionales, nous nous interrogions sur l’identité du candidat Bussereau dans cette campagne. Depuis samedi, et le lancement de celle-ci à Fouras, le challenger de Ségolène Royal semble avoir trouvé sa place.

C’est sûr, Dominique Bussereau n’est pas envahi par le désir de quitter sa présidence de la Charente-Maritime pour celle du Poitou-Charentes. Mais, une chose à changé cette semaine : maintenant, il l’assume. Bien entendu, il n’a pas déclaré dans la presse que cette élection était le cadet de ses soucis, et il a même clarifié sa situation : en cas de victoire, il ira bien présider le conseil régional. C’est dans sa manière d’aborder cette campagne, d’une façon ferme (on l’a vu à Fouras samedi) mais surtout très tranquille que cela transparait. La semaine dernière, il déclarait dans une interview à Centre-Presse être « bien dans ses charentaises », bref, il aborde le scrutin d’une manière on ne peut plus zen. Une façon de dire qu’il n’a rien à perdre. S’il perd, on trouvera toujours des excuses, du genre « Royal est plus médiatiques », « le contexte national était défavorable ». Mieux, s’il perd avec les honneurs, l’objectif qui lui est donné de déstabiliser la candidate socialiste à la présidentielle de 2007, en vue de celle de 2012, sera atteint ! A fortiori, dans le cas d’une victoire, même facilitée dans une hypothétique triangulaire voire carrément une utopique quadrangulaire.

Le « bonhomme » Bussereau.

Samedi, à Fouras, il a annoncé une campagne loin de toute ostentation, il ne souhaite pas trop en faire. Cela ne l’a pas empêché d’être extrêmement offensif contre Ségolène Royal. Surtout elle d’ailleurs, on n’entend pas beaucoup parler de la politique de la majorité sortante dans les discours du candidat ou de Jean-Pierre Raffarin. En critiquant la focalisation de la vie politique régionale autour de la présidente sortante, ils tombent eux-mêmes dans ce jeu là. Mais les deux leaders de la droite régionale sont trop malins pour ne pas faire exprès de le faire. Ils savent que le sentiment d’une trop forte personnalisation du pouvoir à Poitiers est, à tord ou à raison, très rependu dans la région, et notamment à gauche. C’est un point faible pour la sortante. Durant la semaine, Dominique Bussereau à décliné son style, un peu « bonhomme », dans plusieurs déplacements dans les Deux-Sèvres. C’est le sentiment qu’il a donné dans l’interview à Centre-Presse. Sa première réponse est sur le ton du « je suis un gars d’ici ». Au début, cela parait surprenant, comme si on l’accusait d’être un parachuté, ce qu’il n’est pas. A mieux y réfléchir, il s’agit d’une double attaque contre Ségolène Royal, la parachuté de 1988 et celle qui pense déjà à 2012.

Sans que la situation lui soit devenue favorable, les déboires de tous ses adversaires font qu’il est actuellement presque tout seul en campagne, il occupe le terrain. Car pendant ce temps, on ne sait plus où est le MoDem, le PS est empêtré dans les nombreuses gênes provoquée par la possible arrivée de centristes sur les listes, les Verts connaissent de nouvelles défections et le Front de Gauche n’arrive pas à boucler ses listes. Néanmoins, l’UMP devra tout de même se méfier du « Tout Sauf Ségolène ». Nombreux sont les « TS*» qui ont conduit à la perte ceux qui en faisaient leur argument massue. Cela, après la fameuse stratégie du bilan « bidon », fait que si Dominique Bussereau parait ferme et offensif, il conserve, jusqu’à présent, un argumentaire assez fragile.

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2 réponses à “La force tranquille.”

  1. Dans 24 janvier 2010 à 09:56 Pannier Quentin répondu avec... #

    Bonjour monsieur Garrat, j’entends mal votre « les verts connaissent de nouvelles défections », en effet vous faites référence au fait que Mme Cap, conseillère régionale sortante et membre des Verts, est rejoint la liste conduite par Mme Royal dernièrement. Cette femme regrouperait-elle plusieurs personnes à vos yeux? Mais peut-être faites vous référence à d’autres défections dont je n’aurait pas eu connaissance. Le point principal est que vous savez très bien que cette conseillère sortante n’a pas quitté les listes Europe Ecologie pour des questions idéologiques sur la façon dont se déroule la campagne (contrairement à ce qu’elle prétend), mais bien pour s’assurer une place éligible sur la liste de Mme Royal puisque tel n’était pas son cas sur les listes Europe Ecologie…
    Votre article est pertinent sur de nombreux points mais votre partialité vous conduit trop souvent soit à occulter des informations, soit à les interpréter de façon erronée, dommage.

  2. Dans 24 janvier 2010 à 10:30 Pierre Garrat répondu avec... #

    Bonjour M.Pannier, c’est vrai j’ai utilisé le pluriel par un abus de langage au sujet de la défection de Corrine Cap. Maintenant, sur les raisons qui ont poussé à son départ, évidement, le fait qu’elle n’était pas en place éligible sur la liste Europe Ecologie en Charente-Maritime porte une ombre. Néanmoins, cela fait deux mois que l’on sait qu’elle se trouverai à cette place. Si cela était vraiment le principal problème, elle serait « partie » dès cette annonce. Chaque stratégie de campagne pose des questions, celle d’Europe Ecologie comme celle de l’UMP, du PS et des autres. Ici, les questions sont provoquées par des défections. On ne peut pas nier, quand même, que cela déstabilise un peu un camp quand des candidats décident de changer de liste.

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