De l’ambiance et des questions.

Ségolène Royal à la tribune lors du meeting du 16 janvier 2010 à La Rochelle. (photo : Laurence Juin)
Hier, vous avez pu vivre en direct sur le blog le premier meeting de Ségolène Royal en direct, tweets et images à l’appui. Vingt-quatre heures après, il est l’heure de faire le bilan de ce premier temps fort de la campagne régionale. C’est l’acte deux de notre point sur ce week-end hautement politique en Poitou-Charentes, et tout particulièrement en Charente-Maritime, après le MoDem et avant l’UMP, d’ici mercredi sans doute.
Ségolène Royal avait donné rendez-vous à ses troupe à La Rochelle, hier à 15.00, à l’Encan, l’ancienne criée. Il s’agit là du premier des quatre grands meetings de la campagne de la présidente de Région, suivront début février Angoulême, fin février Niort et juste avant le premier tour Poitiers. Quelques heures, à peine, après le lancement de sa propre campagne par Dominique Bussereau, à quelques kilomètres de là, à Fouras, il s’agissait pour le staff de la socialiste de ne pas faire moins bien. Sur la question du nombre, il semblerait que 1.200 personnes se soient rendues à La Rochelle contre 1.000 à Fouras. A la décharge de l’UMP, la salle du meeting étaient moins grande. La grande différence c’est donc surtout le style choisi.
« Le Ségoshow commence. »
A l’Encan, dans le futur Musée Maritime, nous avons assisté à une réunion politique très scénarisée. Cela commence dès le début avec un diaporama sur l’histoire du lieu, l’ancienne criée donc, et de La Rochelle, ville de pêcheurs. A l’arrivée de Ségolène Royal, on a aussi fait monter sur scène d’anciens pêcheurs et leurs épouses pour témoigner. La présidente de Région s’est installée au milieu de la scène, entourée par la plupart des ses colistiers mais aussi les principales personnalités politiques régionales de gauche (parlementaires, maires, conseillers généraux…), du PS bien sur, mais aussi, et surtout, d’autres mouvements : radicaux, écologistes, syndicalistes…
C’est là le premier objectif du meeting, montrer que la liste de Ségolène Royal est celle de toutes les sensibilités de gauche. Avant même d’entrer dans la salle, grâce aux deux types d’affiches disséminés aux alentours. L’une, avec le vert comme couleur dominante, dit « Avec Ségolène Royal, la croissance verte », l’autre, avec le rouge comme couleur dominante, dit « Avec Ségolène Royal, protégeons les emplois ». Comme le dit une personnalité importante de la gauche « effectivement, la stratégie est pas très fine ». Clairement, l’objectif est de ratisser large à gauche, à la fois sur les Verts d’un côté et sur les communistes de l’autre. Cette doctrine est distillée sur scène par Alain Bucherie, adjoint au maire Verts de La Rochelle, exclu de son parti pour six mois pour avoir rejoint Ségolène Royal dès le premier tour, « On a plus le temps de se compter » a-t-il dit pour contester la stratégie d’Europe-Ecologie. Ségolène Royal, elle non plus, n’a pas ménagée ses anciens et sans doute futurs partenaires des Verts, elle a brocardé les exclusions temporaires prononcées par les Verts contre Alain Bucherie et Georges Stupar (tout deux très applaudis) et ajouté « à quoi cela serre t’il de faire l’union en 24 heures entre les deux tours ?! »
« Docteur Dominique et Mister Bussereau. »
Le second objectif du meeting a été moins l’affaire de Ségolène Royal que de ses principaux soutiens qui ont pris la parole avant elle : révéler qui est, selon eux, le « vrai » Dominique Bussereau, celui qui a été maire de Saint-Georges-de-Didonne pendant 13 ans, entre 1989 et 2002, et surtout président du conseil général de la Charente-Maritime depuis près de deux ans. Bernard Lalande qui, en tant que leader de l’opposition au conseil général, le connait bien, mais aussi Maxime Bono, député-maire de La Rochelle et Olivier Falorni, tête de liste socialiste en Charente-Maritime ont fait feu de tout bois contre le secrétaire d’Etat aux transports. La tête de liste a pointé du doigt le double discours du challenger UMP en parlant de « Docteur Dominique », avec une image un peu bonhomme et sympathique, et de « Mister Bussereau », celui qui augmente les impôts pour « arroser » ses amis politiques de subventions pour les infrastructures routières.
Le MoDem en trouble fête ?

Ségolène Royal à la fin du meeting, entournée notamment d'Alain Claeys (à gauche) et Guy Eyermann (à droite). (photo : Laurence Juin)
Avec tout cela, il y avait de quoi motiver les militants, qui ont d’ailleurs chaudement applaudit les « dissidents » et les piques envoyés à l’UMP, que ce soit pour Dominique Bussereau, Jean-Pierre Raffarin ou Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Il y avait vraiment de l’ambiance hier, notamment quand Benoît Biteau, candidat PRG et agriculteur bio, et Guy Eyermann, porte-parole des employés de New Fabris à Châtellerault, équipementier automobile qui a fait la une de l’actualité sociale ces derniers mois, ont pris la parole. Mais voilà, les évènements du matin au MoDem charentais-maritime (voir notre article), ne font pas que des heureux chez les soutiens à Ségolène Royal.
La présidente de Région s’est bien entendu félicitée de ce ralliement et a même fait applaudir les centristes durant son discours. Mais certains, plutôt hostiles à la présence de membres du MoDem dès le premier tour sur la liste critiquent ce « fait de la princesse ». La socialiste s’est targuée d’avoir le soutien « de tout les grands élus de la région », et effectivement, pour le moment, seule une candidate de la Vienne a claqué la porte. Mais a-t-elle vraiment ce soutien de tout les « grands » ? On a vu dans un article précédent les réticences d’Alain Claeys, député-maire de Poitiers, présent hier. Olivier Falorni, que nous avons interrogé à l’issue du meeting, semblait, quant à lui, dubitatif. En fait, on sait qu’il conteste assez globalement la stratégie de campagne du staff ségoléniste, ce qui a le don d’agacer certains. « Il a voulu être tête de liste et en plus maintenant il critique la stratégie !» entend-t-on parfois, même chez des militants loin d’être « ségolâtres » et pro-MoDem. Ceux là craignent que les opposants à la présidente de Région aillent jusqu’à risquer la victoire de l’UMP pour « se débarrasser de Ségolène », une certaine politique du pire. Les divisions nées au mois de novembre au sein du PS de Charente-Maritime sont très loin de se refermer et les militants s’en agacent déjà, « m’en parle pas » peut-on entendre chez certains, sur un air dépité.
L’interview de Yann Juin, président du PRG de Charente-Maritime, visiblement content de l’accord trouvé avec Ségolène Royal et encore prudent sur le ralliement d’Alexis Blanc, même s’il ne fait pas de la présence de candidats du MoDem sur la liste PS/PRG/DVG dès le premier tour un problème.
L’interview d’Olivier Falorni, tête de liste socialiste en Charente-Maritime, satisfait de l’ambiance « militante » de ce premier meeting mais plus que dubitatif sur la porte ouverte au MoDem.
Et merci à Laurence Juin pour m’avoir autorisé à utiliser ses photos.



A mon âge, j’ai ‘t’huit ans pour longtemps, c’était mon premier métinge ! Je me suis sentie comme Rirette chantant « au temps des cerises » allant à la manif en 1936.
J’ai été contente d’entendre parler du travail réalisé en Région autrement que par le bulletin reçu sur le net. C’était plus vivant, mais moins complet. Si d’aucun ont oublié que l’objectif principal est de GAGNER, avec TOUS les gens de bonne volonté, ils n’ont qu’à changer de liste et se retrouver avec Sarkosy ad vitam … Moi, je suis contente, je suis allée au métinge !