Éditoriaux

Ségolène Royal trace sa route.

La présidente de Région, Ségolène Royal, prend l'initiative dès le début de la campagne. (photo : DR)

La présidente de Région, Ségolène Royal, prend l'initiative dès le début de la campagne. (photo : DR)

Avec sa proposition d’alliance avec le MoDem dès le premier tour des élections régionales, la présidente de Région réussit, dès le début de la campagne, à imposer son rythme à son principal challenger, Dominique Bussereau, qui réunissait pour la première fois, ce week-end, ses supporters.

Sachez-le, Ségolène Royal compte bien être au centre de la campagne pour les régionales de mars prochain. L’ex-candidate à la présidentielle a sans doute été échaudée par la course à l’Elysée où Nicolas Sarkozy fixait, seul, l’agenda de la campagne. Cette fois-ci, en favorite, elle prend les devants et organise un contre-feu quand son principal opposant réunit les siens. Ce week-end des 5 et 6 décembre est un modèle du genre.  La présidente de Région sortante a donc, samedi, appelé à une alliance avec le MoDem dès le premier tour en Poitou-Charentes. Ainsi, sans y être, elle s’est invitée à Arras où le parti de François Bayrou tenait son congrès. Les cinq places éligibles offertes par la présidente-candidate ont été au centre des préoccupations, sinon des militants oranges, au moins des journalistes qui les interrogeaient. Dans la région, tout le monde a été obligé de réagir à cette déclaration inattendue dans sa précision.

Fractures au MoDem.

Du côté du MoDem, principal concerné dans l’affaire, il semble y avoir autant de positions que de leaders. Il y a d’abord ceux qui sont contre l’alliance, comme Philippe Mahou. Le chef du Mouvement Démocrate de Poitiers est fermement opposé à une alliance de premier tour avec la liste socialiste et éventuellement radicale. Il n’est, néanmoins, pas insensible à la tentative de séduction de Ségolène Royal et dans La Nouvelle République du lundi 7 décembre, il déclarait qu’il était « toujours agréable d’être convoité ». La rochelaise Elizabeth Delorme-Blaizot, seule conseillère régionale MoDem sortante, semble sur la même ligne. A Arras, où elle était subitement très convoitée par les médias, elle précisait néanmoins que la porte n’était pas fermée pour la suite. Il y a ensuite ceux qui pensent que la proposition mérite plus de réflexion, c’est la catégorie d’Alexis Blanc. Le chef du parti en Charente-Maritime, désigné tête de liste départementale par les militants en octobre, a rapporté qu’il avait reçu un coup de téléphone de la présidente du Poitou-Charentes, dès samedi. Il a regretté que la direction nationale ait si vite décliné la proposition de Mme. Royal, il aurait au moins aimé être associé à la décision. Dans le Sud-Ouest de ce matin, il pointe l’incohérence de la position de son parti, qui a fait des alliances de premier tour aux municipales de 2008 et appelait, pas plus tard que samedi, à la création d’un grand arc républicain d’opposition à l’UMP. En bon soldat, il se range néanmoins derrière la décision de François Bayrou. Et puis il y a ceux qui sont très favorables à la proposition de la candidate socialiste comme Philippe Chadeyron, candidat MoDem dans le canton de Poitiers-3 en mars 2008. Sur son blog, dans un article intitulé « Miss Poitou-Charentes, je vote pour vous ! », il appelle à « briser les vieux réflexes politiques » et à accepter les cinq places éligibles, « une opportunité historique » pour lui. Sur le fond, il qualifie le bilan de la majorité sortante de « bon » et en accord avec l’ambition de son parti. Voilà quelqu’un qui, si la position de refus du MoDem se confirmait, pourrait bien être approché, individuellement, par l’équipe Royal.

Tromperie ?

Au Parti Socialiste, on sent une vraie gêne après la proposition de la leader régionale. Pour une partie des militants, cela ne pose pas de problèmes. Dimanche après-midi, lors de sa réunion publique à Angoulême, la proposition a été applaudie par une salle remplie de socialistes et autres supporters. Mais chez certains « barons » locaux, ça grince. Exemple à Poitiers, où le MoDem compte pas moins de quatre conseillers municipaux, et siège dans l’opposition. Le maire de la capitale régionale, Alain Claeys, s’interrogeait ouvertement dans La Nouvelle République de ce lundi sur la « confusion » que cette alliance provoquerait. Dans la même édition, son adjoint aux sports, Aurélien Tricot, un temps pressenti pour être candidat, confirme  : « Personne ne comprendrait de voir Philippe Mahou, chef de file du MoDem à Poitiers, siéger dans les rangs de l’opposition à la mairie de Poitiers et, en même temps, au bureau de la majorité de gauche au conseil régional. » Ceux-là semblent exclure une union avec le parti orange au premier comme au second tour. Il y a chez certains militants un sentiment de « tromperie sur la marchandise » à faire cette proposition deux jours après le vote de ratification des listes socialistes.

Coucou c’est elle !

La droite, elle, était bien contente de faire sa première réunion de « précampagne », seulement trois jours après le vote des militants socialistes sur les listes, qui a provoqué, dans trois des quatre départements de la région, de très forts remous au sein du PS. Ils pensaient pouvoir profiter d’une large fenêtre médiatique. Mais Ségolène Royal n’a pas voulu laisser cet espace à Dominique Bussereau, la tête de liste de l’UMP. Elle savait bien que sa réunion, prévue le même jour, n’attirerait pas beaucoup les caméras, car, contrairement à la droite, elle a déjà fait sa première réunion, à La Crèche (Deux-Sèvres), il y a quelques semaines. La date choisie pour faire sa proposition était peut-être autant guidée par le congrès du MoDem que par la première réunion de Dominique Bussereau. Le résultat médiatique est très positif pour elle dans la région. Non seulement on a parlé de sa réunion, mais on a parlé de celle de Dominique Bussereau que sous l’angle de sa proposition ! Le secrétaire d’Etat aux transports a eu beau jeu de stigmatiser la « stratégie du coucou » de Ségolène Royal, il en était la première victime.

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6 réponses à “Ségolène Royal trace sa route.”

  1. Dans 18 décembre 2009 à 11:24 Emmanuel répondu avec... #

    Parce que SR sait faire campagne, cet argument justifierait à lui seul d’oublier son programme ? D’ailleurs, quel est-il ?

  2. Dans 6 janvier 2010 à 21:55 Orange Sanguine répondu avec... #

    Il faudrait penser à se mettre à jour sur le MoDem, non ? Pourtant l’actualité est plus que riche :

    http://www.sudouest.com/accueil/actualite/france/article/820375/mil/5540990.html

    http://www.leparisien.fr/politique/royal-divise-le-modem-31-12-2009-760890.php

    http://www.lepost.fr/article/2009/12/31/1864970_la-demarche-de-royal-n-est-pas-si-eloignee-de-celle-de-nicolas-sarkozy-qui-a-debauche-eric-besson.html

    et puis surtour celui-là:
    http://www.charentelibre.com/article-11-region-modem-bayrou-vient-mettre-un-peu-d-ordre-en-charente.html?id_article=303505

    J’oserai dire qu’il n’ y a pas foule au sein du mouvement pour une alliance avec Royal au 1er comme au second tour ! Affaire à suivre…

  3. Dans 7 janvier 2010 à 07:46 Pierre Garrat répondu avec... #

    Vous avez raison ! Toutes mes excuses pour ce mois « blanc », j’étais en révisions pour mes partiels qui se terminent en cette fin de semaine. Après le blog repartira de plus belle. A bientôt (et bravo aussi pour votre blog !).

  4. Dans 14 janvier 2010 à 00:07 tuberider répondu avec... #

    le meilleur pour parler de Royal c’est Fountaine ; » Sans commentaire je démissionne, elle ne comprends rien « 

  5. Dans 14 janvier 2010 à 00:29 tuberider répondu avec... #

    Grandes nouvelles : Royal vire son 1er vice President PS Jean Francois Fountaine pour les élections de Mars. Normal il était meilleur !!!!

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  1. De l’ambiance et des questions. | LRpol.fr - 17 janvier 2010

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