Friday 03 December 2010

Militants contre élus au PCF.

Publié le 31. oct, 2009 par Pierre Garrat dans Analyses électorales

A l’approche des élections régionales, le débat sur les alliances bat son plein à gauche et plus précisément au Parti Communiste Français. Depuis son idylle européenne avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, le PCF s’interroge sur la suite à donner au « Front de Gauche ».

Le Parti Communiste est tiraillé entre deux nécessités. D’un côté il cherche à prolonger le Front de Gauche et s’émanciper un peu plus du PS. De l’autre, il veut conserver ses conseillers régionaux sortants et continuer à diriger des régions avec le reste de la gauche (18 sur les 20 que détient la gauche en France métropolitaine). Il ne veut pas non plus porter la responsabilité de l’éventuelle perte de régions par l’opposition. Ces deux exigences ne sont pas forcément antithétiques. Le PCF pourrait très bien partir avec le Front de Gauche au premier tour et faire alliance avec le PS et Europe-Ecologie au second. Mais voilà, ce n’est pas aussi simple.

En Poitou-Charentes, les problèmes sont les même que partout en France. Le Parti de Gauche ne veut pas entendre parler de participation à l’exécutif régional avec Ségolène Royal, dans l’éventualité de sa réélection. Le NPA, lui, était prêt à partir au premier tour dans une liste du Front de Gauche élargi, mais là aussi, le problème de la gouvernance avec le PS et Europe-Ecologie en a révulsé plus d’un. Mais avant de penser a des alliances d’entre-deux-tour, il faut atteindre, au premier, la barre fatidique des 5 %, qui autorise les fusions. Et dans notre région, tous les communistes ont en tête le score de la liste du Front de Gauche aux européennes : 4,91 %. Vu le résultat, partir en autonome au premier tour n’est plus seulement une façon de s’affirmer vis-à vis du Parti Socialiste, c’est aussi une opération suicide pour les six élus sortants. Ceux-là l’ont très bien compris et freinent des quatre fers contre la volonté de la base militante de reconduire le Front de Gauche.

Les scores du PCF en Poitou-Charentes depuis 1993

Les scores du PCF en Poitou-Charentes depuis 1993 aux élections législatives (en orange), européennes (en bleu) et présidentielle (en vert).

Alors c’est un peu le brouillard. Le « parlement » du PCF, après avoir voté l’autonomie comme doctrine nationale, le week-end dernier, a aussi donné toute latitude aux instances régionales pour évaluer les situations locales. Les militants réclament un vote que les élus, qui sont sur de le perdre, refusent pour l’instant, quitte à s’opposer aux décisions nationales du parti. Tout les éventuels partenaires attendent et s’impatientent. D’une part le PS, qui a laisser jusqu’à la fin novembre aux communistes pour engager des discutions sur la composition d’une liste commune. De l’autre le PdG, prêt à partir avec le NPA, au cas où le PCF déciderait de ne pas tenter le diable (pour ses élus).

La chute nationale des scores du PCF depuis plus de 30 ans se traduit aussi en Poitou-Charentes. Le parti n’a plus dépassé les fameux 5 % (à une élection nationale) depuis 10 ans. Aux législatives et aux présidentielles, la chute est brutale et continue depuis 1995/97. Seules les européennes font, effectivement, surnager les listes communistes. Mais, quand il s’agit de ses élections, il faut toujours avoir à l’esprit les forts taux d’abstentions. Le graphique montre bien qu’après les élections de 1999 et de 2004, il n’y a pas eu de stabilisation autour des 5 %, mais bien la continuation du glissement.

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