Richemont : le bon camarade…ou pas.

Dominique Bussereau, hier, à Poitiers, extrêmement gêné par l'appel du pied d'Henri de Richemont. (photo : France 3)
Les grandes manœuvres régionales ont commencées ce week-end à l’UMP lors d’une réunion des militants à Poitiers, dans les salons de Blossac. Les leaders étaient, eux aussi, présents : Jean-Pierre Raffarin, qui n’a pas cessé les interventions en faveur de Chantal Jouanno ces dernières semaines, Dominique Bussereau, désigné volontaire par Nicolas Sarkozy, et Henri de Richemont, le chef de file élu par les militants au printemps dernier. Officiellement, la réunion n’avait pas comme ordre du jour le leadership, mais les indiscrétions de la presse régionale l’ont mis dans toutes les têtes.
Le secrétaire d’Etat aux transports s’est bien gardé d’aborder lui-même le sujet, répétant depuis trois jours qu’il attendait la décision de sa « famille politique ». Il n’a malheureusement pas été laissé tranquille par Henri de Richemont, l’oublié. Quitte a se désister, le leader actuel de l’opposition au Conseil régional a décidé de le faire bruyamment. A la tribune, il a, solennellement, appelé Dominique Bussereau à accepter de devenir la tête de liste de l’UMP pour les élections régionales. Cet appel sent le cadeau empoisonné…il faut en effet voir la tête du Président de la Charente-Maritime à ce moment précis, dans le reportage de France 3 Poitou-Charentes, hier soir. Le désigné volontaire est médusé, très embarrassé quand la salle entière se lève pour l’applaudir. Le regard qu’il lance à l’ancien sénateur de Charente dit tout…
On a bien l’impression, qu’hier, Henri de Richemont a cherché à se venger. Se venger des semaines d’humiliation médiatique que lui ont infligée les deux barons de l’UMP picto-charentaise. Bien sur, le conseiller régional avait toujours dit qu’il se retirerait si on lui demandait…mais il avait aussi précisé qu’il avait la légitimité des militants et s’était même interrogé ouvertement sur la notion de démocratie à l’intérieur de son parti. Richemont a pris la perche que la presse lui tendait depuis vendredi, obligeant Dominique Bussereau à s’expliquer, lui-même, au micro de France 3. Preuve de la tension qui règne, il n’a pas changé de position, s’en remettant aux instances de son parti. Si Aurélien Bon (le chef des « Jeunes pop’ » de la Charente-Maritime et conseiller municipal de La Rochelle) considère, sur son twitter, que la campagne est déjà lancée, son champion, lui, n’a visiblement pas décidé de partir avant la fin novembre, voire début décembre.
