Éditoriaux

Les Verts solitaires.

Les militants verts en plein vote, hier, à Niort. (photo : France 3 Poitou-Charentes)

Les militants verts en plein vote, hier, à Niort. (photo : France 3 Poitou-Charentes)

C’est désormais officiel, les écologistes feront bande à part lors du premier tour des élections régionales de mars 2010. Les militants verts ont entériné la décision hier, lors d’un vote à Niort. La tête de liste et ses colistiers ne seront, eux, désignés que dans le courant du mois de novembre.

C’est un peu moins de 93 % des militants qui ont choisi l’option autonomiste pour les prochaines élections régionales. L’Union de la gauche, qui avait permis le basculement de la région, il y a maintenant près de six ans, vole donc en éclats à moins de 150 jours du renouvellement du Conseil régional. Cette décision, qui trainait dans les esprits depuis le succès des listes Europe-Ecologie aux européennes de juin, reste, en Poitou-Charentes, une demi-surprise. En effet, ces dernières semaines, les sorties médiatiques de certains des conseillers régionaux verts sortants laissaient entendre que la situation picto-charentaise était différente. Le bilan de Ségolène Royal et de sa majorité, notamment sur le plan environnemental, est largement approuvé par le parti écologiste et on voyait mal, ces mêmes élus, défendre l’option de l’autonomie devant les militants et, surtout, devant les électeurs.

Le dilème écolo.

Car la campagne qui commence pour les écologistes ne s’annonce pas facile. Brandir le score des européenne ne suffira pas. Plusieurs écueils les attendent et pour convaincre, il faudra les éviter. Les futurs candidats vont devoir d’abord défendre le bilan régional, dont ils sont les co-auteurs, et s’en différencier, pour justifier leur entreprise solitaire. Un exercice d’équilibriste qui peut leur couter une partie de leur crédibilité gagnée durant la campagne de mai/juin 2009. Les écologistes pourraient passer, s’ils n’y arrivaient pas, pour électoralistes et les arguments développés contre les grands partis, dont leurs partenaires socialistes, se retourneraient contre eux. Si la liste verte, au contraire, se différenciait trop, elle rendrait extrêmement difficile l’Union de la gauche pour le second tour. Entre les appareils partisans, peut-être, entre les électeurs, sans aucun doute : en clair, les reports de voix auront de mal à se faire. Si en cas d’échec de la première hypothèse, ce sont seulement les verts qui sont en danger, en cas d’échec de la seconde, c’est la reconduction de la majorité de gauche qui est en péril.

Hier soir, dans le 19/20 Poitou-Charentes, l’un des vice-présidents vert sortant, Serge Morin, était l’invité de Sophie Goux. Il avait déjà pris la parole à la fin de l’été dans Libération, à l’occasion des journées d’été d’Europe-Ecologie, à Nîmes. A l’époque, il avait déclaré que l’objectif des verts était de « réussir » les régionales et que cela voulait dire « ne pas avoir moins d’élus ». Or, bien entendu, l’autonomie est un risque de se point de vue là. Hier soir, donc, Serge Morin, ne semblait pas faire preuve d’un grand emballement. De plus, il a sans doute commis l’erreur d’annoncer un chiffre, un gros chiffre. Pour lui, un bon score de la liste Poitou-Charentes serait d’égaler celui des européennes, c’est-à-dire 14,63 % dans notre région. Or, Daniel Cohn-Bendit, lui-même, a récemment dit qu’une réédition du score des européennes lui paraissait peu probable et que, peut-être, les listes écologistes seraient au coude à coude avec le PS dans une ou deux régions. Cette marque de lucidité permet de rappeler que les Verts ne basent leur stratégie que sur deux scrutins : le premier, les européennes, où il y a eu 60 % d’abstention, et le second, une législative partielle dans les Yvelines, avec 70 ou 80 % d’abstention, passant sous silence toute la suite de scrutins partiels qui ont eu lieu depuis le mois de juin, qui ont donné des score honorable aux listes écologistes, mais bien loin des scores des socialistes.

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2 réponses à “Les Verts solitaires.”

  1. Dans 23 décembre 2009 à 18:31 QPL répondu avec... #

    Bonsoir monsieur Garrat, votre titre est d’un goût douteux et votre analyse est plus que partiale…

  2. Dans 23 décembre 2009 à 18:53 Pierre Garrat répondu avec... #

    C’est une analyse comme une autre. Je n’ai pas la prétention de dire que c’est la seule possible, c’est la mienne, c’est tout.

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