Bussereau fait le sourd.
L’étau se resserre autour du président de la Charente-Maritime. D’après toute la presse régionale, Nicolas Sarkozy a bien demandé à son secrétaire d’Etat de se lancer dans la campagne des élections régionales. Pour le Président de la République, c’est le meilleur candidat pour affronter Ségolène Royal. Dans l’entourage de Dominique Bussereau, on fait mine de n’avoir rien entendu et d’attendre les investitures officielles de sa « famille politique », le 28 novembre.
Oui, l’UMP, c’est une grande famille et le chef de famille, du côté de l’Elysée, à fait son choix. Pourtant, Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau, lui-même, n’ont pas lésiné sur les interventions médiatiques, depuis plusieurs semaines, pour vanter les mérites de Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat à l’écologie. Celle-ci était présentée comme plus jeune, plus écolo que Ségolène Royal, et pour tout dire, « dans l’coup » comme aime dire Elisabeth Morin. Visiblement, les arguments n’ont pas convaincus le Président, qui, vraisemblablement, va laisser Mme. Jouanno se présenter là où elle habite, en Île-de-France et désigner Dominique Bussereau comme volontaire pour essayer de prendre la place de la présidente socialiste sortante.
« L’envie d’avoir envie… »
Dans l’un de ses nombreux discours d’avant-campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy, alors « seulement » président de l’UMP, avait, devant le chanteur lui-même, paraphrasé Johnny Halliday, en disant qu’il voulait redonner aux Français « l’envie d’avoir envie ». Cette « envie », il va falloir la donner rapidement au secrétaire d’Etat aux transports. En effet, les élections régionales ne font pas du tout parti de son plan de carrière. Dominique Bussereau est en effet bien tranquille à la présidence du conseil général de Charente-Maritime. Il préside le département depuis mars 2008 et a les moyens, grâce au découpage cantonal, qui le favorise largement, de conserver sa majorité, au moins jusqu’à la réforme territoriale de 2014. Bussereau sait que la région n’est pas gagnable, sauf énorme surprise, et c’est pour cela, qu’avec l’aide de l’ancien Premier-ministre, il avait poussé, au début de l’année, Henri de Richemont lors de la primaire interne à l’UMP. Nicolas Sarkozy, qui garde toujours un œil sur les affaires de son ancienne rivale présidentielle, ne l’a pas entendu de cette oreille et a voulu envoyer un poids lourd, et quoi de mieux qu’un membre du gouvernement ? Du côté de l’entourage du désigné-volontaire on fait mine de ne pas avoir lu la presse. On s’en remet au parti, qui doit désigner ses têtes de liste régionales le 28 novembre.
Reste le cas d’Henri de Richemont, l’oublié de la « grande famille ». Celui qui a été désigné, en mars dernier, par les militants, va pouvoir encore longtemps s’interroger ouvertement sur la notion de démocratie à l’UMP. Mais, celui qui a été à la pointe de l’opposition à la politique de Ségolène Royal, depuis maintenant près de six ans, reste un bon soldat et a déjà déclaré qu’en cas de confirmation de la candidature de Dominique Bussereau, il se rangerait derrière lui. Lui, pourtant, semblait avoir « envie » d’en découdre avec la présidente socialiste et avait déjà presque lancé sa campagne, avec des « ateliers de changement » dans chaque cantons de la région à partir de la fin du mois…Rendez-vous manqué pour l’ancien sénateur et pour la droite dans son ensemble car elle va devoir faire campagne avec un leader qui n’a pas envi de devenir président de la région. Une situation pour le moins délicate.

