Éditoriaux

Les points sur les « i » et la barre sur le « t » d’Henri de Richemont.

Henri de Richemont se réveille dans cette précampagne des régionales qui bat déjà son plein. (photo : Sud-Ouest)

Henri de Richemont se réveille dans cette précampagne des régionales qui bat déjà son plein. (photo : Sud-Ouest)

La campagne des régionales a définitivement mal commencé pour la droite, hier, lors de la réunion du Conseil régional à Poitiers. Le « chef de file » de l’UMP a en effet décidé de réagir aux récentes sorties de Dominique Bussereau et Jean-Pierre Raffarin sur la question de la tête de liste pour mars prochain. Henri de Richemont se rappelle aux bons souvenirs de « ses amis » de l’UMP.

Nous étions les premiers surpris, ici même, que les nombreuses interventions médiatiques de l’ancien Président de région et de l’actuel Président de la Charente-Maritime, n’aient suscités aucunes réactions de la part de celui qui a pourtant été désigné démocratiquement par les militants UMP, pour prendre la tête du combat pour les régionales. C’est maintenant chose faite, et dans les grandes largeurs. Henri de Richemont s’est, enfin, réveillé et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’est réveillé du pied gauche. L’ancien sénateur charentais en a visiblement assez et s’interroge publiquement sur la notion de démocratie dans son propre parti. Ce n’est pas rien.

Pour mieux comprendre, il faut revenir sur la campagne interne à l’UMP pour les primaires. Il y a près d’un an, les deux principaux ténors de la droite régionale n’avaient pas voulu se lancer dans la bataille, parce qu’ils pensaient que la région n’était pas gagnable par la majorité présidentielle. Ne voulant prendre aucuns risques pour leurs carrières personnelles, ils ont vivement encouragé Henri de Richemont, le chef de l’opposition au Conseil régional, à se présenter. Il fut le seul candidat et fut bien entendu désigné par le tiers des militants régionaux qui a bien voulu se déplacer.

Un sacrifié médiatique ?

Mais depuis le début, chacun sait bien, à droite, et Richemont lui-même, qu’il n’a pas la carrure pour affronter Ségolène Royal et avoir une chance de victoire. Souvenez-vous, le chef de file désigné avait même déclaré, avant l’été, que, si la tâche était facile, il n’aurait sans doute pas été le candidat de l’UMP. Là où les choses deviennent gênantes et, osons le dire, humiliantes, pour le charentais, c’est que, même après sa désignation, Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau ont continué à chercher, et cela tout à fait publiquement, un « meilleur » candidat. Dernière sortie en date, celle de l’ancien Premier-ministre, dimanche, dans l’émission politique de Canal +, Dimanche +, revenant sur l’hypothèse d’une candidature de la parachuté Chantal Jouanno. Devant le silence assourdissant d’Henri de Richemont, on pouvait finalement se dire qu’il se raccrochait à sa fidélité pour les barons locaux de la droite et qu’il se contentait de son rôle de sacrifié médiatique.

« Pour l’heure, je me contente de trouver la démocratie à l’UMP un peu bizarre. »

Visiblement, il n’en est rien, du moins, pas tout à fait. Comme le souligne le Sud-Ouest de ce jour, Henri de Richemont reste tout à fait courtois avec « ses amis » de l’UMP. En marge de la réunion du Conseil régional, hier, l’ancien sénateur de Charente a donc énoncé sa ligne de conduite pour ces premières semaines de précampagne. Il se veut fidèle aux militants et à leur vote, et donc est légitime pour « porter le projet et avoir vocation à être tête de liste ». Il commence d’ailleurs sa campagne dans les faits en lançant, dans trois semaines, des « ateliers du changements » dans chaque canton de la région. Une façon, en en parant tôt dans la campagne, de rendre plus difficile l’investiture d’un, ou d’une, autre candidate, reprenant pour lui le vieux slogan de Roosevelt « on ne change pas de monture au milieu de guet ». La courtoisie reste néanmoins de rigueur car il précise que « si un ou une autre est désigné, je le soutiendrai ». Mais comme la colère n’est jamais bien loin, il s’empresse de rajouter « pour l’heure, je me contente de trouver la démocratie à l’UMP un peu bizarre ». Et the last, but not the least, il ajoute « si on cherche encore plus médiatique que Mme. Royal, il faut que M. Sarkozy vienne en personne. » Henri de Richemont s’affirme comme n’étant pas que l’éternel second, mais véritablement comme un pied de fer dans une charentaise de velour.

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  1. La droite régionale donne « dans l’coup » de couteau. | LRblog - 12 octobre 2009

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