Le printemps sera-t-il Vert en Poitou-Charentes ?

Le leader des Verts en Charente et conseiller régional sortant, Jean-Yves Le Turdu (photo : Sud-Ouest).
Depuis leur incontestable succès lors des élections européennes de juin (16,2 % en France, 14,6 % dans la région) les écologistes se sentent pousser des ailes. Dans l’euphorie du début de l’été, la direction des Verts (qui n’est que l’une des composantes du rassemblement « Europe-Ecologie ») clamait haut et fort qu’elle souhaitait la poursuite du rassemblement et partir en autonome du Parti Socialiste lors du premier tour des élections régionales de mars 2010 dans les 22 régions. Depuis, certains verts sont redescendus sur terre.
Le signal est venu de leur principale tête d’affiche, Daniel Cohn-Bendit. Fin août, il déclarait, en marge des journées d’été des Verts, que le score des européennes ne serait sans doute pas réédité en mars 2010 et, qu’au mieux, Europe-Ecologie pourrait peut-être faire jeu égal avec le PS dans une ou deux régions. Le 7 juin, il faut rappeler que les listes écologistes sont arrivées devant le PS dans pas moins de sept régions. Dans la notre, où, en juin, l’écart entre verts et socialistes était bien plus net qu’au plan national (4,8 points contre 0,3) la question se pose pour Europe-Ecologie s’il est bien pertinent de partir en autonome.
Le cas particulier du Poitou-Charentes et de sa présidente.
Pour le moment, rien n’est décidé, comme le rappelait ce week-end Jean-Yves Le Turdu, le leader charentais des Verts et conseiller régional sortant, lors d’une soirée festive de rentrée pour les militants et sympathisants. En effet, c’est la semaine prochaine que le CNIR (Conseil national interrégional), le parlement des Verts, décidera de la procédure nationale. C’est ensuite que les régions décideront, chacune, de leur stratégie et, éventuellement, désigneront leur tête de liste. Qu’est-ce qui va guider le choix des écologistes locaux ? Le choix sera difficile et M. Le Turdu décrit bien, dans un article de Sud-Ouest, l’état d’esprit des militants. D’un côté, ils veulent tous partir sous leurs propres couleurs aux régionales, portés par la vague de leur campagne européenne. Mais, de l’autre côté, ils veulent réussir ces élections et les réussir, pour Serge Morin, vice-président vert de la région, interrogé dans Libération fin août, cela veut dire ne pas avoir moins d’élus qu’en 2004. Car, et c’est ce qui ressort de l’article du quotidien local, les Verts ont murie. Effectivement, certains ont peur qu’un score médiocre lors du premier tour des élections régionales d’une liste écologiste autonome rende les négociations de fusion très compliqué avec Ségolène Royal dans l’entre-deux-tour.
Car de son côté, la présidente socialiste sortante a bien décidé de ne pas se faire dépasser sur un thème qui lui tient à cœur depuis le début de son mandat : l’écologie. Depuis fin août, en parallèle de son offensive contre la taxe carbone telle que la propose le gouvernement, elle fait valoir son bilan en la matière car d’après elle ses résultats vont bien plus loin que le programme des Verts ne le prévoyait en 2004. Une campagne fortement axée sur l’environnement pousserait une liste Europe-Ecologie à se démarquer le plus possible de la liste socialiste, ce qui rendrait, là aussi, une fusion d’entre-deux-tour toujours plus difficile.

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