Henri de Richemont, « faux-nez » de la droite pour les régionales ?

Henri de Richemont, désigné par les militants UMP du Poitou-Charentes, sera-t-il bien la tête de liste pour les régionales de 2010 ?
Les grandes manouvres en vue des élections régionales de mars prochain en Poitou-Charentes ont véritablement commencées en cette rentrée. A droite, on tourne le problème dans tout les sens pour savoir comment reconquérir cette région qui avait basculé en 2004 et porté à sa présidence la socialiste Ségolène Royal, sachant que, depuis cette date, le basculement à gauche de la région ne s’est jamais démenti dans les urnes.
Il faut dire que, comme en 2004, notre région sera sans doute l’un des symboles de ces élections régionales de 2010. La droite va essayer d’effacer son humiliation d’il y a six ans et d’empêcher Ségolène Royal d’avoir toute ambition présidentielle pour 2012, un échec lui serait, en effet, sans doute fatal au niveau national. Pour cet objectif, on pouvait raisonnablement imaginer que l’UMP allait envoyer un grand baron local de la droite face à la socialiste mais pas du tout ! Il y a quelques mois les militants « populaires » devaient désigner leur tête de listes dans des primaires organisées simultanément dans la quasi-totalité des régions. En Poitou-Charentes, pas de Jean-Pierre Raffarin ou de Dominique Bussereau (Président de la Charente-Maritime et secrétaire d’Etat aux transports) à l’horizon mais Henri de Richemont, l’actuel leader de l’opposition au Conseil régional.
Facilement désigné, il était le seul candidat, le choix n’en est pas moins surprenant. En effet, s’il connait parfaitement la région (il est conseiller régional sortant), il vient de Charente, le département le plus à gauche de la région, et vient d’être battu, il y a un an, lors des sénatoriales de 2008 en Charente qui ont vu le département passer de deux sénateurs de droite à deux sénateurs socialistes. Il n’est pas non plus très connu des picto-charentais.
Malgré cette désignation, la presse bruisse de rumeurs sur les autres têtes de listes potentielles, allant jusqu’à totalement oublier l’existence même d’Henri de Richemont, que ce soit dans la presse nationale ou locale. Il y a quelques mois, on disait que Dominique Bussereau avait soufflé à l’oreille de Nicolas Sarkozy l’hypothèse de placer en tête de liste la nouvelle secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno. Pour la droite, faire affronter une femme à Ségolène Royal l’empêcherait d’accuser l’opposition de machisme mais surtout, ce serait attaquer la présidente sortante sur un sujet qu’elle affectionne particulièrement : l’écologie. Mais voilà, Chantal Jouanno a annoncé qu’elle voulait être candidate pour les régionales en Île-de-France dans les Hauts-de-Seine.
Aujourd’hui, voilà que l’on reparle de l’hypothèse Bussereau. Au lendemain du Conseil des ministres, Le Figaro consacre un article à l’intervention de Nicolas Sarkozy, hier, en marge du Conseil. Il a rappelé à l’ordre les membres du gouvernement qui se sont engagé dans la bataille des régionales et qui ont du mal à supporter le changement de la règle au niveau du cumul des mandats. En effet, tout ministre élu président, d’après François Fillon, devra quitter son portefeuille pour sa région. De l’autre côté, il y a aussi fort à parier que des ministres battus auraient du mal à conserver leur poste… On y apprend que le président aimerait bien voir le secrétaire d’Etat aux transports affronter Ségolène Royal et que celui-ci n’est pas vraiment emballé, faisant presque même celui qui n’a pas entendu. Dominique Bussereau est en effet bien tranquille à son ministère et à la tête de la Charente-Maritime où il dispose d’une nette majorité qui aura du mal à basculer en 2011 lors du prochain renouvellement.
Une chose est sûre, toutes ces hésitations font le jeu de Ségolène Royal car elles prouvent que la région est difficilement gagnable pour la droite et que les grands barons ne veulent pas s’y risquer. C’est Henri de Richemont, lui-même, qui faisait cette analyse dans Sud-Ouest au surlendemain des élections européennes de juin dernier, disant que si la reconquête de la région était facile, il ne serait pas la tête de liste.

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