Éditoriaux

Sprint et course de fond.

Le moins que l’on puisse dire dans cette campagne c’est qu’elle oppose deux styles totalement différents, notamment dans la manière de faire campagne : d’un côté la « méthode Bono », de l’autre la « méthode Morvant ».

Au pouvoir depuis neuf ans à la mairie, la méthode Bono est bien rodée, notamment en campagne électorale. Le député-maire, désigné dès septembre par les militants socialistes, part en campagne dès décembre, il organise deux « forum » (logement et environnement) et ouvre sa permanence de campagne, 11 rue Pas du Minage. Au retour des vacances de noël il présente les quarante-neuf noms qui composent sa liste et enchaine dès à présent les réunions publiques. Son plan de campagne n’en prévoit pas moins de cinquante-six ! Deux réunions par quartier (le bilan puis le projet), des réunions « zoom »… La gauche occupe le terrain et occupe le terrain complètement seule jusqu’au début du mois de février avec la présentation de la liste du MoDem qui a « grillé » de trois jour l’opposition sortante de l’UMP. Malgré des problèmes dans la formation de la délégation communiste aux mois de novembre et décembre, l’équipe de campagne de Maxime Bono ne manque pas de vanter le succès de ses réunions qui attireraient beaucoup de monde.

De l’autre côté, on semble se chercher. Désignée en novembre par le comité des investitures de l’UMP, Dominique Morvant n’a fait que très peu parler d’elle jusqu’à la présentation de sa liste, début février. Cette présentation, mainte fois reportés, n’a pas jouée en sa faveur, la gauche pouvant à loisir parler d’éventuelles difficultés de la candidate à trouver ses quarante-huit colistiers. Le 2 février, jour de la présentation officielle de la liste, ne signifiait même pas le début de la campagne, il faudra en effet attendre treize jours avant la première réunion de quartier, à Mireuil, le 15 février puis encore dix autres avant la seconde, le lundi 25 dans le Centre-ville et à Lafond, soit deux semaines avant le premier tour… En fait l’UMP a choisi le sprint, durant les deux semaines qui nous sépare du premier tour, douze réunions seront organisée et parfois deux le même soir, comme le 25 par exemple. Dominique Morvant et ses colistiers disent croire en les vertus d’une campagne rapide, qui n’assommerait pas les Rochelais pendant des semaines.

Nous avons donc d’un côté une course de fond menée par le sortant, de l’autre un sprint menée par sa principale challenger. Cette configuration peut paraitre surprenante, on aurait pu croire que la droite, dans une ville où elle a objectivement un grand retard, aurait préférée partir très tôt et la gauche plus tard, ayant, peut-être, l’élection déjà en poche. Toute cette analyse peut fonctionner mais seulement si l’objectif que s’est fixé la droite est bien de prendre la ville, ce qui est loin d’être certain.

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